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« On ne peut en vouloir aux Français d'aujourd'hui des crimes de saint Louis, de Bugeaud, ou de Laval. Ni des crimes du commerce triangulaire, ni de ceux de la colonisation ni de ceux de la collaboration avec les Nazis. Ni même condamner ceux qui, dans le passé, ont commis légalement des actes qui seraient aujourd'hui considérés, légalement ou moralement, comme des crimes : on ne peut en vouloir à Colbert, ou à Jules Ferry, d'avoir agi conformément à la loi et à la morale de leur temps ; sinon, il faudrait aussi considérer comme des meurtriers tous les présidents de la République française, jusqu'à Valéry Giscard d'Estaing inclus, qui ont envoyé à l'échafaud des condamnés, en refusant d'exercer leur droit de grâce. »
« Par contre, on doit exiger de nos contemporains de faire disparaître les traces de tous ceux qui ont agi en violation des lois ou de la morale de leur temps. Par exemple, il ne devrait pas y avoir une avenue Bugeaud à Paris ; ni de rue Brasillach, ni d'avenue Céline à moins de remettre ces auteurs dans un contexte explicatif, distinguant l'homme, ignoble, de l'œuvre littéraire, très partiellement grandiose. »
« Enfin, après la dictature des racistes, il ne faut pas tomber dans une autre ségrégation qui, au nom de l'antiracisme, ne ferait qu'exacerber des différences imaginaires à l'intérieur de la seule race qui soit : la race humaine. »
« Par contre, on doit exiger de nos contemporains de faire disparaître les traces de tous ceux qui ont agi en violation des lois ou de la morale de leur temps. Par exemple, il ne devrait pas y avoir une avenue Bugeaud à Paris ; ni de rue Brasillach, ni d'avenue Céline à moins de remettre ces auteurs dans un contexte explicatif, distinguant l'homme, ignoble, de l'œuvre littéraire, très partiellement grandiose. »
« Enfin, après la dictature des racistes, il ne faut pas tomber dans une autre ségrégation qui, au nom de l'antiracisme, ne ferait qu'exacerber des différences imaginaires à l'intérieur de la seule race qui soit : la race humaine. »
« La bataille se déroule aussi en France, où les droits du roman de Margaret Mitchell sont entrés dans le domaine public au début de l'année. Spécialiste de la littérature américaine, le petit éditeur Gallmeister, en prévision, avait travaillé à une nouvelle traduction. Ainsi, la phrase citée plus haut devenait : "C'est la nurse de vot'enfant ? Ma'ame Scarlett, l'est trop jeune pour s'occuper du seul bébé de m'sieur Charles !" »
« Ce n'est pas seulement, comme titre Le Figaro, un "coup de jeune". C'est aussi une re-traduction marquée par le souci antiraciste, même si cette révolution reste inachevée. Le "r", banni par la traduction originelle "ptit nèg" de Pierre François Caillé en 1939, n'est pas totalement réhabilité. Il manque toujours à l'appel dans "vot'enfant". Mais ce métaplasme (il me semble que cette suppression s'appelle ainsi, vous me corrigerez) peut ici passer pour du simple langage parlé populaire. La traduction est un art passionnant, mais difficile (voir notre émission). »
« Détenteur des droits de Autant en emporte le vent jusqu'au début 2020, Gallimard aurait pu aussi anticiper, en se colletant à une nouvelle traduction moins tintinesque, voire tout simplement laisser faire Gallmeister. Mais non. Le prestigieux éditeur des pamphlets antisémites de Céline et de Gabriel Matzneff a choisi de publier en Folio une simple réédition de sa traduction originelle, le même jour que la sortie du volume de Gallmeister, en se prémunissant des critiques par l'exhumation d'une lettre de Mitchell au traducteur Caillé : "Je crois que votre traduction est la seule traduction étrangère de mon livre dans laquelle les personnages nègres parlent en dialecte." »
« Ce n'est pas seulement, comme titre Le Figaro, un "coup de jeune". C'est aussi une re-traduction marquée par le souci antiraciste, même si cette révolution reste inachevée. Le "r", banni par la traduction originelle "ptit nèg" de Pierre François Caillé en 1939, n'est pas totalement réhabilité. Il manque toujours à l'appel dans "vot'enfant". Mais ce métaplasme (il me semble que cette suppression s'appelle ainsi, vous me corrigerez) peut ici passer pour du simple langage parlé populaire. La traduction est un art passionnant, mais difficile (voir notre émission). »
« Détenteur des droits de Autant en emporte le vent jusqu'au début 2020, Gallimard aurait pu aussi anticiper, en se colletant à une nouvelle traduction moins tintinesque, voire tout simplement laisser faire Gallmeister. Mais non. Le prestigieux éditeur des pamphlets antisémites de Céline et de Gabriel Matzneff a choisi de publier en Folio une simple réédition de sa traduction originelle, le même jour que la sortie du volume de Gallmeister, en se prémunissant des critiques par l'exhumation d'une lettre de Mitchell au traducteur Caillé : "Je crois que votre traduction est la seule traduction étrangère de mon livre dans laquelle les personnages nègres parlent en dialecte." »
« Ouverture hier à Orange du premier point de vente physique de l'aventure C'est qui le patron. Un seul lieu mais deux missions. En premier, c'est un point de retrait pour les commandes passées via le site la livraison des consommateurs actif depuis quelques semaines. Seconde mission : c'est un point de vente avec toute la gamme des produits CQLP et des produits "cousins". […] Deux autres magasins-drives sont déjà prévus : à Dijon et Paris. Et un réseau de points de retrait national est en cours de constitution. »
« Pour Laura Kipnis, l'ardeur avec laquelle ces militantes crient au scandale dès lors qu'une femme est mise en scène comme "objet de désir" est en tout point similaire aux jugements moraux sur les salopes. Il s'agit – en tordant des concepts féministes pour en faire les outils d'un nouvel ordre moral – de jeter le discrédit sur toutes les femmes qui s'affichent comme "trop" libres sexuellement, "trop" attirantes, "trop" désirables ou "trop" désirantes. Remplacez l'expression "femme-objet" par "allumeuse" dans les discours de ces pourfendeuses du machisme (sic) et vous obtiendrez… un discours machiste, parfaitement misogyne. "On retrouve là, en effet, dans une nouvelle livrée, l'appétit familier du mouvement anti-pornographie pour le récit de la femme captive, confirme Laura Kipnis. Cette nouvelle version ne tombe certes pas dans l'anti-pornographie, ce qui ferait ringard (de nos jours, même les mères de famille de banlieue prétendent aimer la porno), mais la saga défraîchie de femmes tenues en joue par les pulsions sexuelles masculines ne manque pas de popularité." »
« C'est une révolution qui se joue dans les coulisses de la presse en France : une nouvelle mesure d'audience a été lancée, qui vise à donner aux éditeurs et aux annonceurs une vision complète de la puissance des marques de presse, sur tous les supports y compris les réseaux sociaux et podcasts, en s'adaptant aux nouveaux usages des lecteurs. […] Avec ce nouveau dispositif, qui a coûté plusieurs millions d'euros, les éditeurs de presse seront mieux armés pour se battre sur le marché publicitaire face aux autres médias et aux géants du numérique. »
« Si "privilège blanc" il y a, ce doit bien être de pouvoir tordre grossièrement les faits à une heure de grande écoute sur la radio publique sans risquer la contradiction. Cette tribune "antiraciste" de Virginie Despentes, lue ce matin par Augustin Trapenard sur France Inter, ne l'illustre que trop bien. Le texte commence comme ça : "En France, nous ne sommes pas racistes, mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. Pourtant j'ai cinquante ans, j'en ai vu, des gouvernements." »
« On ne dressera pas la liste des membres du gouvernement noirs de ces cinquante dernières années : d'abord pour ne pas entrer dans cette détestable logique de comptage racial que certains cherchent à imposer, comme récemment aux César ; ensuite et surtout parce qu'il n'est vraiment pas certain que les ministres et anciens ministres de couleur tiennent à ce qu'on rappelle leur complexion plutôt que leurs mérites. De cette liste qu'on ne fera pas, on peut tout dire, et notamment qu'elle est bien trop courte, ou encore que les hommes et les femmes de couleur n'accèdent que trop rarement aux plus hautes responsabilités ; mais dire qu'elle est inexistante, on ne le peut pas. »
« Qu'importe : si la cause est juste, les faits ne comptent plus, le faux n'est qu'un moment du vrai. Commentaire du journaliste Daniel Schneidermann : "Virginie Despentes a factuellement tort et politiquement raison [sic]." »
« Ce qui est probablement le plus révélateur, c'est qu'au sens propre, Virginie Despentes ne voit pas les personnes de couleur. Ou plus exactement elle ne les voit que comme elle a envie de les voir, comme victimes, relégués, marginaux, délinquants, ou carrément comme des terroristes qu'elle "aime", à l'instar des frères Kouachi ; pas comme ministres, professeurs, médecins ou policiers. »
« Ce procès du "système" aboutit à une injonction paradoxale. Les "racisés" y sont invisibles, mais si par malheur certains d'entre eux le rejoignent, ils deviennent des traîtres. "Vendu !", scandaient des manifestants mardi soir à l'adresse d'un CRS noir stupéfait. "Arabe de service !", envoie le militant Taha Bouhafs à la syndicaliste policière Linda Kebbab sur Twitter. Là où tous les antiracistes devraient pouvoir se retrouver pour déplorer qu'il n'y ait pas assez de ministres, de policiers, de médecins ou de professeurs noirs, et chercher à faire en sorte qu'il y en ait davantage, les décoloniaux préfèrent dénoncer les "Bounty", noirs à l'extérieur, blancs à l'intérieur. »
« Racisme dans la police, violence contre les policiers : tout est à considérer ensemble et d'un seul tenant, avec lucidité, sans minimiser l'un ni exagérer l'autre, et plus encore : sans tenter de justifier l'un par l'autre. »
« Qui peut croire que des tribunes enflammées qui dénoncent en jetant tout le monde dans le même sac peuvent amener autre chose qu'une montée des tensions ? Qui peut croire qu'en polarisant ainsi et en attisant le conflit, on va rendre le débat possible ? Qui s'imagine qu'en travestissant le réel, on fera éclater la vérité ? Les victimes du racisme méritent de meilleurs avocats que les intermittents du spectacle de l'indignation, de même que les policiers n'ont rien à gagner à se laisser enfermer dans une défense corporatiste qui dirait "circulez, il n'y a rien à voir !", tout simplement parce qu'il y a, toujours, à voir, que ni les hommes ni les institutions ne sont infaillibles. »
« On ne dressera pas la liste des membres du gouvernement noirs de ces cinquante dernières années : d'abord pour ne pas entrer dans cette détestable logique de comptage racial que certains cherchent à imposer, comme récemment aux César ; ensuite et surtout parce qu'il n'est vraiment pas certain que les ministres et anciens ministres de couleur tiennent à ce qu'on rappelle leur complexion plutôt que leurs mérites. De cette liste qu'on ne fera pas, on peut tout dire, et notamment qu'elle est bien trop courte, ou encore que les hommes et les femmes de couleur n'accèdent que trop rarement aux plus hautes responsabilités ; mais dire qu'elle est inexistante, on ne le peut pas. »
« Qu'importe : si la cause est juste, les faits ne comptent plus, le faux n'est qu'un moment du vrai. Commentaire du journaliste Daniel Schneidermann : "Virginie Despentes a factuellement tort et politiquement raison [sic]." »
« Ce qui est probablement le plus révélateur, c'est qu'au sens propre, Virginie Despentes ne voit pas les personnes de couleur. Ou plus exactement elle ne les voit que comme elle a envie de les voir, comme victimes, relégués, marginaux, délinquants, ou carrément comme des terroristes qu'elle "aime", à l'instar des frères Kouachi ; pas comme ministres, professeurs, médecins ou policiers. »
« Ce procès du "système" aboutit à une injonction paradoxale. Les "racisés" y sont invisibles, mais si par malheur certains d'entre eux le rejoignent, ils deviennent des traîtres. "Vendu !", scandaient des manifestants mardi soir à l'adresse d'un CRS noir stupéfait. "Arabe de service !", envoie le militant Taha Bouhafs à la syndicaliste policière Linda Kebbab sur Twitter. Là où tous les antiracistes devraient pouvoir se retrouver pour déplorer qu'il n'y ait pas assez de ministres, de policiers, de médecins ou de professeurs noirs, et chercher à faire en sorte qu'il y en ait davantage, les décoloniaux préfèrent dénoncer les "Bounty", noirs à l'extérieur, blancs à l'intérieur. »
« Racisme dans la police, violence contre les policiers : tout est à considérer ensemble et d'un seul tenant, avec lucidité, sans minimiser l'un ni exagérer l'autre, et plus encore : sans tenter de justifier l'un par l'autre. »
« Qui peut croire que des tribunes enflammées qui dénoncent en jetant tout le monde dans le même sac peuvent amener autre chose qu'une montée des tensions ? Qui peut croire qu'en polarisant ainsi et en attisant le conflit, on va rendre le débat possible ? Qui s'imagine qu'en travestissant le réel, on fera éclater la vérité ? Les victimes du racisme méritent de meilleurs avocats que les intermittents du spectacle de l'indignation, de même que les policiers n'ont rien à gagner à se laisser enfermer dans une défense corporatiste qui dirait "circulez, il n'y a rien à voir !", tout simplement parce qu'il y a, toujours, à voir, que ni les hommes ni les institutions ne sont infaillibles. »
« Je ne le cache pas, le but est aussi de promouvoir l'idée d'une politique nataliste dans notre pays. La natalité est un enjeu fondamental puisque c'est la condition du financement de notre modèle de protection sociale et en particulier de la dépendance, à l'heure où nous créons une cinquième branche de la Sécurité sociale tout cela fait sens. On a mis plusieurs milliards pour relancer les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, alors que leur avenir est incertain. La famille en tant qu'institution, elle, sera toujours là, à condition d'y investir de la même façon. C'est un choix politique. »
Cet individu trans doit-il être considéré comme le père de son enfant ? C'est bien ce rôle-à qu'il a joué quand il l'a conçu. Mais officiellement, c'est une femme ! Alors, ne s'agit-il pas de sa mère… même s'il en a déjà une ? Jusqu'à présent, la Justice a préféré parler d'un « parent biologique ». La Cour de cassation doit rendre son verdict le le 16 septembre.
« L'université de technologie d'Eindhoven (UTE), au Pays-Bas, n'embauche que des femmes. […] Les nouveaux postes vacants sont fermés aux hommes les six premiers mois, et leur sont ensuite ouverts, mais seulement si l'université peut prouver qu'aucune femme qualifiée n'était disponible pour ce poste. L'objectif est de passer à 30 % de femmes dans chaque département de l'école, et seules des femmes seront engagées jusqu'à ce qu'il soit atteint.[…] L'Institut néerlandais des droits de l'homme a été saisi pour discrimination ; un jugement doit être rendu en juillet. »
« La prise de position d'un groupe d'employés de Hachette UK n'a pas été entendue. Ces salariés avaient annoncé qu'ils refuseraient de travailler sur le nouveau roman de JK Rowling […] en raison des récents propos de l'auteure [sic] concernant les transgenres. Mais l'éditeur est rapidement monté au créneau en précisant qu'aucun employé n'était autorisé à cesser le travail. »
« "La liberté d'expression est la pierre angulaire de l'édition. Nous croyons fondamentalement que chacun a le droit d'exprimer ses propres pensées et croyances. C'est pourquoi nous ne commentons jamais les opinions personnelles de nos auteurs et nous respectons le droit de nos employés à avoir une opinion différente. Nous ne ferons jamais travailler nos employés sur un livre dont ils trouvent le contenu bouleversant pour des raisons personnelles, mais nous faisons une distinction entre cela et le refus de travailler sur un livre parce qu'ils sont en désaccord avec le point de vue d'un auteur en dehors de leur écriture, ce qui est contraire à notre croyance en la liberté d'expression", a précisé Hachette dans un communiqué, relayé par The Independent. »
« Néanmoins, un porte-parole de Hachette a indiqué que les employés ne désirant pas travailler sur l'ouvrage de JK Rowling allaient être reçus par leurs managers pour un traitement "au cas par cas". "Nous aborderons tous ses entretiens avec empathie et compréhension ", a-t-il précisé auprès de The Bookseller. »
« "La liberté d'expression est la pierre angulaire de l'édition. Nous croyons fondamentalement que chacun a le droit d'exprimer ses propres pensées et croyances. C'est pourquoi nous ne commentons jamais les opinions personnelles de nos auteurs et nous respectons le droit de nos employés à avoir une opinion différente. Nous ne ferons jamais travailler nos employés sur un livre dont ils trouvent le contenu bouleversant pour des raisons personnelles, mais nous faisons une distinction entre cela et le refus de travailler sur un livre parce qu'ils sont en désaccord avec le point de vue d'un auteur en dehors de leur écriture, ce qui est contraire à notre croyance en la liberté d'expression", a précisé Hachette dans un communiqué, relayé par The Independent. »
« Néanmoins, un porte-parole de Hachette a indiqué que les employés ne désirant pas travailler sur l'ouvrage de JK Rowling allaient être reçus par leurs managers pour un traitement "au cas par cas". "Nous aborderons tous ses entretiens avec empathie et compréhension ", a-t-il précisé auprès de The Bookseller. »
« Dans la préfecture de Kagawa, les élus locaux ont validé un texte limitant le temps que les adolescents peuvent consacrer aux jeux vidéo. Cette décision a fait l'objet d'une vive controverse entre ses partisans et ceux qui dénoncent une intervention excessive du pouvoir dans l'éducation des enfants. »
« Ce texte, mis en place le 1er avril après des semaines de controverse, vise à réduire les risques de dépendance des jeunes aux jeux et à Internet en fixant une limite de soixante minutes par jour en semaine et quatre-vingt-dix minutes le week-end et les jours fériés. Il contient aussi une interdiction d'utiliser les smartphones après 21 heures pour les élèves des écoles élémentaires et les collèges, et 22 heures pour les lycéens. »
« Ce texte, mis en place le 1er avril après des semaines de controverse, vise à réduire les risques de dépendance des jeunes aux jeux et à Internet en fixant une limite de soixante minutes par jour en semaine et quatre-vingt-dix minutes le week-end et les jours fériés. Il contient aussi une interdiction d'utiliser les smartphones après 21 heures pour les élèves des écoles élémentaires et les collèges, et 22 heures pour les lycéens. »
« Lilian Thuram […] pense qu'il "est extrêmement important de déconstruire cette notion de racisme anti-blanc parce qu'il vient pour délégitimer le discours sur le racisme". Patrick Simon, sociodémographe à l'Ined, affirme que "ce n'est pas parce qu'on se fait insulter dans la rue que ça relève du racisme dans le sens d'un désavantage qui va se retrouver dans plein de domaines de la vie sociale. Ces personnes insultées ne disent jamais qu'elles ont eu du mal à trouver un emploi parce qu'elles ont la peau blanche". »
« Peut-être serait il intéressant un jour de se poser les bonnes questions. N'est-ce pas plutôt le système hétérosexuel qui fait souffrir les gens ? Pourquoi la famille est-elle une institution valide et irréprochable ? Pourquoi un homme est-il censé subir un affront parce qu'on ne lui est pas sexuellement exclusif ? Pourquoi le couple monogame est-il un modèle social représenté comme source de bonheur universel quand toutes les statistiques sur les violences faites aux femmes démontrent le contraire ? Pourquoi faut-il considérer comme sain la volonté d'appropriation de l'autre, au point de lui interdire une vie sexuelle libre et autonome? Pourquoi la jalousie, le contrôle et la surveillance sont perçus comme des preuves d'amour et pas un comportement violent ? Pourquoi le fait d'être pénétré sexuellement devrait être synonyme de dégradation et d'humiliation, ou comparé au fait de mettre à disposition son corps, ou d'être réduit à l'état d'objet, comme s'il n'y avait qu'un seul "actif" dans la relation sexuelle ? Pourquoi faut-il "attendre le bon", ou "l'amour", avant de pouvoir baiser sans quoi on ne se respecterait pas ? »
« Il est navrant de devoir revenir à ces bases, et de constater que l'ensemble de la classe politique, l'ensemble de la société, pratique à longueur de temps le slut-shaming et la putophobie. Le seul moyen de s'en sortir est de se revendiquer comme victime, telle Marie-Madeleine, pardonnée pour ses pêchés par le Christ. La bonne pute acceptable doit être malheureuse et souffrir, faire souffrir et faire honte. Seule la repentance pourra l'absoudre. »
« Comment en arrive-t-on au point qu'un métier qui consiste à éborgner et tabasser des gens soit à ce point défendu par tout un système, tandis que celui qui consiste à donner du plaisir soit à ce point diffamant ? »
À la lumière de ces question force est de constater que la société et ses élites ne sont peut-être pas aussi "progressistes" qu'elles le prétendent !
« Il est navrant de devoir revenir à ces bases, et de constater que l'ensemble de la classe politique, l'ensemble de la société, pratique à longueur de temps le slut-shaming et la putophobie. Le seul moyen de s'en sortir est de se revendiquer comme victime, telle Marie-Madeleine, pardonnée pour ses pêchés par le Christ. La bonne pute acceptable doit être malheureuse et souffrir, faire souffrir et faire honte. Seule la repentance pourra l'absoudre. »
« Comment en arrive-t-on au point qu'un métier qui consiste à éborgner et tabasser des gens soit à ce point défendu par tout un système, tandis que celui qui consiste à donner du plaisir soit à ce point diffamant ? »
À la lumière de ces question force est de constater que la société et ses élites ne sont peut-être pas aussi "progressistes" qu'elles le prétendent !
« Après l'écriture inclusive, le code inclusif. […] Un débat est venu susciter de vives prises de position dans la communauté informatique: bannir, ou non, du développement de logiciels et du code des expressions jugées clivantes, à l'image de "whitelist" (liste blanche), "blacklist" (liste noire), mais surtout de "master" (maître) et "slave" (esclave). »
« "Il est clair que certaines personnes sont blessées par ces termes et que leur utilisation suscite chez elles un sentiment de malaise, non pas pour des raisons techniques, mais en raison de leur contexte historique et social", considérait tout récemment Google, en estimant qu'il s'agissait d'arguments suffisants pour les faire disparaître. "Master-slave est une métaphore oppressive qui ne sera et devrait jamais être totalement détachée de notre histoire", soulignait dans la foulée un développeur de Microsoft, qui appelle à leur remplacement. […] Quelques semaines auparavant, l'agence de cybersécurité du gouvernement britannique décidait de cesser d'utiliser ces mêmes notions, perçues comme "racistes". »
« "Cette discussion inexistante chez les développeurs jusqu'ici a pris une ampleur impressionnante ces dernières semaines. J'ai rarement vu les développeurs aussi divisés", confie Mehdi Zed, développeur chez Ubisoft, auprès de BFM Tech. »
« Alex Rock, développeur web et consultant en informatique, voit déjà plus loin et discerne, très sérieusement, d'autres expressions à écarter. "En informatique, un certain nombre de termes violents pourraient en réalité être modifiés : le 'kill' (tuer) qui sert à arrêter un logiciel lancé, l'expression 'violation', qui peut rappeler le viol, ou encore tout ce qui est relatif aux 'contraintes' de validation, ce qui est assez négatif en soi. Je préfère en l'occurrence le terme de 'règles'". De même pour Richard Hanna, développeur au sein de la coopérative Fairness, qui préfèrerait voir disparaître le terme "deadline", mortifère à ses yeux et facilement remplaçable par "date limite". »
« Ce combat m'apparaît secondaire, voire, dans les cas les plus radicaux, potentiellement délétère. Ce n'est en tout cas pas la meilleure manière de défendre la juste cause de la lutte contre le racisme", défend pour sa part Baptiste Mélès, philosophe des sciences chargé de recherche au CNRS. […] Historiquement, les notions de maître et d'esclave, mais aussi les connotations respectives du blanc et du noir dans la culture occidentale ne datent pas du commerce triangulaire : on les trouve dans l'Antiquité et elles n'étaient pas reliées à des questions de couleur de peau. Le statut d'esclave à Rome était un statut politique et les connotations respectives du noir et du blanc étaient liées à la luminosité. C'est donc se tromper sur l'histoire des mots de les interpréter dans le seul contexte du XVIIIe siècle américain." »
« "Il est clair que certaines personnes sont blessées par ces termes et que leur utilisation suscite chez elles un sentiment de malaise, non pas pour des raisons techniques, mais en raison de leur contexte historique et social", considérait tout récemment Google, en estimant qu'il s'agissait d'arguments suffisants pour les faire disparaître. "Master-slave est une métaphore oppressive qui ne sera et devrait jamais être totalement détachée de notre histoire", soulignait dans la foulée un développeur de Microsoft, qui appelle à leur remplacement. […] Quelques semaines auparavant, l'agence de cybersécurité du gouvernement britannique décidait de cesser d'utiliser ces mêmes notions, perçues comme "racistes". »
« "Cette discussion inexistante chez les développeurs jusqu'ici a pris une ampleur impressionnante ces dernières semaines. J'ai rarement vu les développeurs aussi divisés", confie Mehdi Zed, développeur chez Ubisoft, auprès de BFM Tech. »
« Alex Rock, développeur web et consultant en informatique, voit déjà plus loin et discerne, très sérieusement, d'autres expressions à écarter. "En informatique, un certain nombre de termes violents pourraient en réalité être modifiés : le 'kill' (tuer) qui sert à arrêter un logiciel lancé, l'expression 'violation', qui peut rappeler le viol, ou encore tout ce qui est relatif aux 'contraintes' de validation, ce qui est assez négatif en soi. Je préfère en l'occurrence le terme de 'règles'". De même pour Richard Hanna, développeur au sein de la coopérative Fairness, qui préfèrerait voir disparaître le terme "deadline", mortifère à ses yeux et facilement remplaçable par "date limite". »
« Ce combat m'apparaît secondaire, voire, dans les cas les plus radicaux, potentiellement délétère. Ce n'est en tout cas pas la meilleure manière de défendre la juste cause de la lutte contre le racisme", défend pour sa part Baptiste Mélès, philosophe des sciences chargé de recherche au CNRS. […] Historiquement, les notions de maître et d'esclave, mais aussi les connotations respectives du blanc et du noir dans la culture occidentale ne datent pas du commerce triangulaire : on les trouve dans l'Antiquité et elles n'étaient pas reliées à des questions de couleur de peau. Le statut d'esclave à Rome était un statut politique et les connotations respectives du noir et du blanc étaient liées à la luminosité. C'est donc se tromper sur l'histoire des mots de les interpréter dans le seul contexte du XVIIIe siècle américain." »
« Des journalistes noir·es [sic] disent avoir reçu des messages de soutien venant de personnes blanches qui n'avaient plus donné signe de vie depuis des années et qui semblaient les contacter avant tout pour se donner bonne conscience. Certaines ont même envoyé de l'argent à des collègues ou connaissances noires, en forme de "réparation" pour les injustices subies par leur communauté. Plusieurs articles de conseils à la population blanche américaine ont été publiés. Sur Instagram, une coach recommande de ne pas "essayer de créer un faux sentiment d'intimité" et de plutôt "envoyer de l'argent". D'autres conseils sont plus radicaux, comme cet auteur afro-américain qui recommande ce comportement dans le New York Times : "Envoyez des textos à vos proches pour leur dire que vous ne leur rendrez pas visite ou ne leur parlerez pas au téléphone tant qu'ils n'auront pas pris des mesures en soutien des vies noires, que ce soit en manifestant ou en donnant de l'argent." »
« C'est devenu hype d'avoir des ruches sur son toit d'immeuble et même sur ceux des grandes agences et sociétés parisiennes. […] Sauf que Paris c'est majoritairement du béton et la ville est loin d'être réputée pour ses nombreux espaces verts. Le rapport surface et nectars à obtenir n'est pas bon. […] Si tu aimes la planète et veux avoir un geste plus éco-responsable. Arrête tout de suite ton futur projet de Ruche sur le toit de ton immeuble ou de ton entreprise et concentre toi sur le pollen. Plante des fleurs à tes fenêtres et si tu peux sur les toits comme de la lavande, le romarin, ou encore le tilleul. »
« Si le ministère de la Culture ne cède pas au tout-répressif, il affirme […] "que ces formes dites 'inclusives' n'ayant pas de parallélisme strict avec l'oral conduisent à éloigner la langue écrite de la langue parlée, nuisent à la lisibilité des textes et complexifient l'écriture, en décalage avec la tendance à la simplification et à la clarté de la langue administrative engagée depuis de longues années". "Ces formes", poursuit la rue de Valois, "dans leur écriture et dans leur prononciation, sont peu accessibles à tous, alors même que la maîtrise d'une langue commune demeure un enjeu majeur de cohésion sociale". »
Le Gouvernement redit ainsi sa réticence à voir se répandre l'usage du point-médian. Mais en même temps, le président de la République et les ministres excluent régulièrement l'emploi du masculin générique, de même que les journalistes. Bref, l'écriture dite inclusive est bel et bien en train de se généraliser. Et tant pis pour la cohésion sociale qu'elle met effectivement à mal.
Le Gouvernement redit ainsi sa réticence à voir se répandre l'usage du point-médian. Mais en même temps, le président de la République et les ministres excluent régulièrement l'emploi du masculin générique, de même que les journalistes. Bref, l'écriture dite inclusive est bel et bien en train de se généraliser. Et tant pis pour la cohésion sociale qu'elle met effectivement à mal.
En peine renaissance, Clubic avait une carte à jouer en évitant la politisation dans laquelle s'est fourvoyée Numerama. Mais voilà qu'il encourage ses lecteurs à participer aux manifestations en cours importées des États-Unis. Bref, c'est raté.
« En moins de quarante-huit heures, la vidéo comptait ce 12 juin environ 300 000 vues sur Twitter. La jeune femme qui filme montre d'abord un fond de teint de la gamme Accord Parfait de L'Oréal, d'une couleur plutôt foncée, et l'étiquette collée au dos du produit. Puis, un autre fond de teint de la même gamme d'une couleur destinée aux peaux plus claires. Elle affirme : "Derrière tous ceux qui sont foncés, il y a un antivol mais par contre derrière les blancs, pas d'antivol, je sais pas c'est quoi le message." »
« Le produit pour "peaux plus foncées" comporte bien une étiquette antivol, contrairement à celui pour "peaux plus claires” placé non pas par Carrefour, mais par le producteur des fonds de teint, L’Oréal. Mais la raison n'est pas un ciblage d'un type de clientèle, selon la marque. Jamel Boutiba, directeur général de L'Oréal Paris France, explique : "Le système de protection est différent entre ces deux produits, et la raison est simple, c'est qu'on fait évoluer ce système régulièrement. Ces deux produits sont issus de deux productions différentes, la teinte la plus foncée identifiée sur la vidéo est une production très récente, elle date de 2019, alors que l'autre est une production de 2018". "Quand on fait évoluer le système de protection, on le fait pour toute la gamme" précise-t-il, de sorte que tous les produits d'une même production ont le même système de protection quelle que soit la couleur de peau à laquelle ils sont destinés. »
« À la direction des relations presse de Carrefour, Denise Rodrigues a la même explication : "Depuis 2019, il y a eu un changement chez L'Oréal sur les systèmes de protection de ces produits qui ont tous des antivols. Une gamme s'est écoulée plus vite que l'autre, et donc les nouveaux stocks sont arrivés avec des antivols", explique-t-elle. »
« Le produit pour "peaux plus foncées" comporte bien une étiquette antivol, contrairement à celui pour "peaux plus claires” placé non pas par Carrefour, mais par le producteur des fonds de teint, L’Oréal. Mais la raison n'est pas un ciblage d'un type de clientèle, selon la marque. Jamel Boutiba, directeur général de L'Oréal Paris France, explique : "Le système de protection est différent entre ces deux produits, et la raison est simple, c'est qu'on fait évoluer ce système régulièrement. Ces deux produits sont issus de deux productions différentes, la teinte la plus foncée identifiée sur la vidéo est une production très récente, elle date de 2019, alors que l'autre est une production de 2018". "Quand on fait évoluer le système de protection, on le fait pour toute la gamme" précise-t-il, de sorte que tous les produits d'une même production ont le même système de protection quelle que soit la couleur de peau à laquelle ils sont destinés. »
« À la direction des relations presse de Carrefour, Denise Rodrigues a la même explication : "Depuis 2019, il y a eu un changement chez L'Oréal sur les systèmes de protection de ces produits qui ont tous des antivols. Une gamme s'est écoulée plus vite que l'autre, et donc les nouveaux stocks sont arrivés avec des antivols", explique-t-elle. »
Privilège blanc ?
« Officiellement, le terme remonte à l'année 1988. Peggy McIntosh, professeure d'études féministes à l'université Wellesley, rédige une liste de quarante-six manifestations de ce "privilège blanc". Pêle-mêle, elle évoque le fait pour un Blanc d'"allumer la télé […] et de voir des gens de ma race largement représentée", ou encore sa conviction qu'en cas "de besoin d'assistance médicale ou juridique, ma race ne jouera pas en ma défaveur". »
« Ceux qui n'adhèrent pas au concept de "privilège blanc" ne nient pas l'ampleur ni la prégnance des discriminations raciales. Mais selon eux, employer ce terme s'avérerait contre-productif et dangereux. "Je ne vois pas de meilleur moyen de nourrir une vision raciale. Cela braque la société dans son ensemble, et l'extrême droite se frotte les mains", insiste l'historien Emmanuel Debono. […] Lui prône une vision universaliste où les distinctions de race, de couleur ou d'ethnie ne doivent pas être mises en exergue. "Ce concept est trop réducteur et trop heurtant. Il impose une grille de lecture Noirs-Blancs. Or, il y a mille autres façons de se définir en France. C'est à côté de la plaque, on l'a bien vu avec les Gilets jaunes", ajoute […] Gwenaëlle Calvès, professeur de droit public à Cercy-Pontoise (Val-d'Oise) et membre de membre de l'Observatoire parisien de la laïcité. »
« Les pourfendeurs du "privilège blanc" estiment incohérent d'employer cette expression au vu des "différences" entre l'histoire américaine et française. "La ségrégation est ancrée dans les corps aux Etats-Unis. Cette manie de transposer des notions américaines est inepte et choquante", affirme Emmanuel Debono. "Aux États-Unis, le privilège était d'ordre juridique sous la ségrégation. Les Blancs et les Noirs avaient des droits différents définis par la loi", abonde Gwenaëlle Calves. »
« En tout cas, "la jeunesse blanche est en train de se rendre compte qu'elle est blanche. Elle ne trouve pas ça dégradant et infamant que d'avoir ce statut", pose l'universitaire antiraciste Nacira Guénif. "Elle veut devenir alliée voire même complice des luttes antiracistes", ajoute-t-elle. »
Le racisme semble hélas promis à un bel avenir.
« Officiellement, le terme remonte à l'année 1988. Peggy McIntosh, professeure d'études féministes à l'université Wellesley, rédige une liste de quarante-six manifestations de ce "privilège blanc". Pêle-mêle, elle évoque le fait pour un Blanc d'"allumer la télé […] et de voir des gens de ma race largement représentée", ou encore sa conviction qu'en cas "de besoin d'assistance médicale ou juridique, ma race ne jouera pas en ma défaveur". »
« Ceux qui n'adhèrent pas au concept de "privilège blanc" ne nient pas l'ampleur ni la prégnance des discriminations raciales. Mais selon eux, employer ce terme s'avérerait contre-productif et dangereux. "Je ne vois pas de meilleur moyen de nourrir une vision raciale. Cela braque la société dans son ensemble, et l'extrême droite se frotte les mains", insiste l'historien Emmanuel Debono. […] Lui prône une vision universaliste où les distinctions de race, de couleur ou d'ethnie ne doivent pas être mises en exergue. "Ce concept est trop réducteur et trop heurtant. Il impose une grille de lecture Noirs-Blancs. Or, il y a mille autres façons de se définir en France. C'est à côté de la plaque, on l'a bien vu avec les Gilets jaunes", ajoute […] Gwenaëlle Calvès, professeur de droit public à Cercy-Pontoise (Val-d'Oise) et membre de membre de l'Observatoire parisien de la laïcité. »
« Les pourfendeurs du "privilège blanc" estiment incohérent d'employer cette expression au vu des "différences" entre l'histoire américaine et française. "La ségrégation est ancrée dans les corps aux Etats-Unis. Cette manie de transposer des notions américaines est inepte et choquante", affirme Emmanuel Debono. "Aux États-Unis, le privilège était d'ordre juridique sous la ségrégation. Les Blancs et les Noirs avaient des droits différents définis par la loi", abonde Gwenaëlle Calves. »
« En tout cas, "la jeunesse blanche est en train de se rendre compte qu'elle est blanche. Elle ne trouve pas ça dégradant et infamant que d'avoir ce statut", pose l'universitaire antiraciste Nacira Guénif. "Elle veut devenir alliée voire même complice des luttes antiracistes", ajoute-t-elle. »
Le racisme semble hélas promis à un bel avenir.
Volkswagen fait repentance, après avoir diffusé une publicité d'un goût douteux. « Au nom du comité de direction, je tiens à m'excuser officiellement d'avoir offensé les gens en raison d'un manque de sensibilité interculturelle », a déclaré Hiltrud D. Werner, membre du conseil d'administration du constructeur allemand. « Nous avons constaté un manque de sensibilité et des erreurs de procédure », a-t-elle reconnu. Et cela, a-t-elle précisé, « après avoir analysé environ quatre cents dossiers avec un volume de plus de 16,5 Go et mené des entretiens internes avec les employés et les agences externes concernées ». Des chiffres à l'aune desquels on admettra assurément la sincérité de cette contrition… « Nous prenons maintenant des mesures nécessaires en réponse », a-t-elle ajouté. Ce qui se traduira vraisemblablement par l'embauche de "sensitivity readers" – un métier d'avenir.
« Sur Instagram et LinkedIn, à l'occasion du mois des fiertés, Decathlon Turquie a publié son nom écrit aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole des LGBT, avec le message suivant : "Toutes les couleurs sont les bienvenues à Decathlon". Cette publication a entraîné des réactions virulentes […] de la part d'internautes qui ont appelé à boycotter l'enseigne. […] Le message a été retiré des réseaux sociaux et l'enseigne l'a remplacé par une publication dans laquelle elle fait part de sa "surprise" et de sa "peine". "Nous sommes contre toutes les formes de discrimination. Quels que soient la religion, la langue, la race, le sexe, l'identité sexuelle et l'orientation, notre environnement permet à chacun de s'exprimer et d'être lui-même et nous en sommes fiers", a écrit la direction. Ajoutant, à propos de l'affaire Floyd : "ces jours-ci, nous voyons comment la discrimination entraîne le monde de différentes manières, nous invitons tout le monde à être plus sensible et inclusif". Et de conclure : "nous croyons à la force unificatrice du sport !" »
Il est rappelé que « Decathlon […] s'était déjà retrouvé au cœur d'une polémique l'an dernier après avoir voulu mettre en vente en France un "hijab de running" déjà commercialisé au Maroc ». Cette nouvelle affaire nous semble toutefois très différente, car, dans le cas présent, l'enseigne prend explicitement position, et cela, d'une façon "gratuite" – en apparence du moins , car la politisation des marques s'inscrit forcément dans une stratégie marketing.
Il est rappelé que « Decathlon […] s'était déjà retrouvé au cœur d'une polémique l'an dernier après avoir voulu mettre en vente en France un "hijab de running" déjà commercialisé au Maroc ». Cette nouvelle affaire nous semble toutefois très différente, car, dans le cas présent, l'enseigne prend explicitement position, et cela, d'une façon "gratuite" – en apparence du moins , car la politisation des marques s'inscrit forcément dans une stratégie marketing.
« En 2019, l'arc-en-ciel de l'orientation sexuelle a pour sigle anglais LGTBQIA+, soit lesbiennes, gays, transgenres, bisexuel-les, queers, intersexes et… asexuel-les. Ça y est, les asexuel-les ont eu gain de cause. Les voilà officiellement "reconnu-es", au même titre que les homos. Mais leur communauté ne sera pas la dernière à obtenir droit de cité : le "plus" (qui vient après LGTBQIA) laisse prudemment la porte ouverte à toutes les personnes qui se sentiraient exclues de la liste. Au Canada, ce sigle – qui comprend maintenant douze orientations – est d'ailleurs devenu : LGBTTIQQ2SAAP (le second T étant pour travesti-e ou transsexuel-le, le second Q pour questioning soit "hésitant-e", le second A pour allié-e, le 2S pour two-spirited soit "bi-spirituel-le", et le dernier P pour pansexuel-le). Cette prolifération de catégories a-t-elle un sens ? »
« Le fait qu'elle désigne pêle-mêle des pratiques, des sentiments, des fantasmes, des hésitations ou des attitudes fait de cette liste fourre-tout le miroir grossissant d'une inflation taxinomique absurde. […] Il me paraît […] contradictoire de combattre un ordre social qui enferme des hommes et des femmes dans des catégories cliniques en revendiquant la légitimité de ces mêmes catégories. »
On est d'accord avec Agnès Giard, l'animatrice de ce blog – comme souvent d'ailleurs. Mais n'est-il pas contradictoire de l'affirmer en écriture dite inclusive ? Celle-ci consiste, précisément, à refuser de parler de qui que ce soit sans lui assigner explicitement un genre ou un sexe ; c'est le principal reproche qu'on lui fait !
« Le fait qu'elle désigne pêle-mêle des pratiques, des sentiments, des fantasmes, des hésitations ou des attitudes fait de cette liste fourre-tout le miroir grossissant d'une inflation taxinomique absurde. […] Il me paraît […] contradictoire de combattre un ordre social qui enferme des hommes et des femmes dans des catégories cliniques en revendiquant la légitimité de ces mêmes catégories. »
On est d'accord avec Agnès Giard, l'animatrice de ce blog – comme souvent d'ailleurs. Mais n'est-il pas contradictoire de l'affirmer en écriture dite inclusive ? Celle-ci consiste, précisément, à refuser de parler de qui que ce soit sans lui assigner explicitement un genre ou un sexe ; c'est le principal reproche qu'on lui fait !
« Camélia, on ne se connaît pas, mais je tenais à te dire que par certains côtés, nous sommes un peu sœurs. […] Par certains côtés donc, du moins "ethniques" et "capillaires", nous sommes un peu sœurs. Sœurs de souffrance en ce qui concerne les cheveux, parce que, je te l'accorde, c'est chiant quand il pleut. Toi, il parait que "quand tu portes tes cheveux frisés, tu ne te sens pas en sécurité face à un flic en France". C'est ton ressenti, il t'appartient et tu as tout à fait le droit de l'exprimer. Personnellement, jamais un policier n'a émis le moindre jugement sur ma coiffure, et même quand j'ai un brushing impeccable, je ne peux pas exclure tout à fait l'hypothèse que les forces de l'ordre s'en foutent royalement. »
« Là où nous sommes différentes, Camélia, c'est que toi tu déclares vivre dans un monde où "des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau". »
« Moi je vis dans un monde où la violence est malheureusement très présente. […] Nous avons besoin d'apaisement, d'éducation, de retour aux règles, nous avons besoin qu'un message de raison soit délivré partout, avec fermeté et respect. […] Il y a des drames, des gens qui souffrent vraiment de part et d'autre. Il y a des policiers qui se suicident, de rage, d'impuissance et de désespoir, avec leur arme de service. Il y a des habitants de quartiers qui sont abandonnés, entre incivilités, rodéo, règlements de comptes et trafics de drogue. »
« Si ta démarche consiste juste à mettre de l'huile sur le feu parce qu'il est de bon ton en ce moment d'être dans une posture victimaire raciale : arrête ! Tu nous fais du mal, tu fais du mal à la France. Ce pays dirigé par "de vieux mâle blancs riches" comme tu dis, c'est le tien comme le mien, c'est le nôtre, il ne va pas bien mais il mérite mieux que ces déclarations irresponsables de pompiers pyromanes. Pour le reste, vas chez le coiffeur régler ton problème "d'insécurité capillaire", ou fais comme moi, attache-toi les cheveux. Tu verras, ça aère le cerveau. »
« Là où nous sommes différentes, Camélia, c'est que toi tu déclares vivre dans un monde où "des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau". »
« Moi je vis dans un monde où la violence est malheureusement très présente. […] Nous avons besoin d'apaisement, d'éducation, de retour aux règles, nous avons besoin qu'un message de raison soit délivré partout, avec fermeté et respect. […] Il y a des drames, des gens qui souffrent vraiment de part et d'autre. Il y a des policiers qui se suicident, de rage, d'impuissance et de désespoir, avec leur arme de service. Il y a des habitants de quartiers qui sont abandonnés, entre incivilités, rodéo, règlements de comptes et trafics de drogue. »
« Si ta démarche consiste juste à mettre de l'huile sur le feu parce qu'il est de bon ton en ce moment d'être dans une posture victimaire raciale : arrête ! Tu nous fais du mal, tu fais du mal à la France. Ce pays dirigé par "de vieux mâle blancs riches" comme tu dis, c'est le tien comme le mien, c'est le nôtre, il ne va pas bien mais il mérite mieux que ces déclarations irresponsables de pompiers pyromanes. Pour le reste, vas chez le coiffeur régler ton problème "d'insécurité capillaire", ou fais comme moi, attache-toi les cheveux. Tu verras, ça aère le cerveau. »
Extraits d'un article signée Agnès Giard.
« C'est l'histoire d'un étudiant américain âgé de dix-huit ans, Simon, et de sa petite amie, dix-neuf ans. Ils s'aiment, ils ont des relations sexuelles. Un jour, Simon, qui manque de confiance en lui-même, demande à sa petite amie si elle peut le sucer. "Il pensait se montrer aguicheur en faisant sa demande" mais c'est un peu raté. Elle le suce sans entrain. Au bout de trente secondes, voyant qu'elle n'y prend pas plaisir, Simon, arrête tout. Plusieurs mois passent. Le malheur veut qu'ils se séparent. Simon apprend qu'une plainte est déposée contre lui. Après une brève audience à huis clos, le voilà expulsé de l'Université pour avoir fait usage de "contrainte émotionnelle et verbale" envers son ex-copine. Simon se voit "attribuer pour la vie l'étiquette de délinquant sexuel", résume Laura Kipnis. Cela signifie qu'il ne pourra plus continuer ses études, car les établissements refusent les candidats reconnus coupables de "mauvais comportement". »
« Des exemples comme celui-là, Laura Kipnis en a des tonnes. Aux États-Unis, elle est devenue l'archiviste des cas d'injustice les plus flagrants du système. Le système, dit-elle, transforme en "agression sexuelle" le simple fait de demander une fellation. "Combien de postulats rétrogrades sur le sexe n'accrédite-t-on pas au nom de la lutte contre les agressions ! Non seulement la capacité d'agir de la femme a-t-elle été dans ce cas complètement gommée, mais notez la prémisse implicite du raisonnement : les étudiantes ne sont pas les égales des hommes en matière de force émotionnelle ou de maîtrise de soi, et elles requièrent qu'une horde d'administrateurs universitaires viennent pallier leur faiblesse. Autre prémisse implicite : le sexe est dangereux, et pendant ces trente secondes la femme a subi une blessure suffisamment grave pour exiger une réparation officielle." »
« Dans Le Sexe polémique, un livre à charge magnifiquement traduit aux éditions Liber, Laura Kipnis attaque. Le système de la délation, dit-elle, est une forme d'hystérie encouragée par les institutions qui prétendent le faire au nom de l'égalité entre les sexes. En Amérique, ces institutions sont les administrations des Universités, grassement payées pour garantir l'ordre. Il s'avère que le ministère de l'Éducation prive de financement tout établissement qui n'appliquerait pas strictement le titre IX (une loi contre la discrimination sexuelle). Pour montrer patte blanche, les Universités ont donc créé des Comités de surveillance qui ne peuvent justifier leur existence qu'en trouvant des coupables, c'est-à-dire en les créant de toutes pièces sur la base de simples rumeurs. Il suffit qu'une enseignante "soupçonnée" d'être lesbienne parle à deux étudiantes en chuchotant (parce qu'elles se trouvent dans une bibliothèque et qu'il est interdit d'y parler à voix haute). Elle est convoquée sans savoir de quoi on l'accuse, puis suspendue. »
« Faut-il voir une avancée dans ce mouvement qui encourage les femmes à porter plainte dès lors qu'une relation s'est mal passée ? Pourquoi les Comités soutiennent-ils les élèves même quand leur plainte est, de toute évidence, le résultat d'une confusion, d'un mal-être, d'un mélange mal digéré de culpabilité, de rancune et d'ignorance ? À qui profitent ces faux procès ? Pas aux femmes, répond Laura Kipnis. Celles-ci sont les premières victimes de la police des mœurs, pour deux raisons. La première raison, c'est que la bureaucratie accroît son pouvoir sur la base d'un discours doloriste qui cantonne systématiquement les femmes dans le rôle de proies passives, influençables, fragiles, incapables de savoir ce qu'elles veulent, inaptes à décider de leur sort. Bref, on fait d'elles des idiotes immatures. […] La deuxième raison c'est que loin de faire baisser le nombre de viols, le paternalisme contribue probablement à les augmenter. […] En surprotégeant la femme on la dissuade de se prendre en charge. […] On l'encourage à se percevoir comme une proie passive, et non pas comme une personne qui sait ce qu'elle veut, qui fait ce dont elle a envie. On la persuade que si ça se passe mal, ce sera toujours la faute de l'autre (puisque l'autre est un prédateur). Mais qu'en est-il dans la réalité ? »
« Dans le vrai monde, faire des expériences, c'est prendre des risques et accepter la part d'échec qui va avec. Comment rendre les femmes fortes avec un discours permanent de mise en garde contre les périls du sexe ? "Être maître de son propre corps, surtout pour les femmes, est un talent qui s'acquiert et qu'on doit enseigner", soutient Laura Kipnis, critiquant avec véhémence le discours sécuritaire (puritain) dominant. »
« C'est l'histoire d'un étudiant américain âgé de dix-huit ans, Simon, et de sa petite amie, dix-neuf ans. Ils s'aiment, ils ont des relations sexuelles. Un jour, Simon, qui manque de confiance en lui-même, demande à sa petite amie si elle peut le sucer. "Il pensait se montrer aguicheur en faisant sa demande" mais c'est un peu raté. Elle le suce sans entrain. Au bout de trente secondes, voyant qu'elle n'y prend pas plaisir, Simon, arrête tout. Plusieurs mois passent. Le malheur veut qu'ils se séparent. Simon apprend qu'une plainte est déposée contre lui. Après une brève audience à huis clos, le voilà expulsé de l'Université pour avoir fait usage de "contrainte émotionnelle et verbale" envers son ex-copine. Simon se voit "attribuer pour la vie l'étiquette de délinquant sexuel", résume Laura Kipnis. Cela signifie qu'il ne pourra plus continuer ses études, car les établissements refusent les candidats reconnus coupables de "mauvais comportement". »
« Des exemples comme celui-là, Laura Kipnis en a des tonnes. Aux États-Unis, elle est devenue l'archiviste des cas d'injustice les plus flagrants du système. Le système, dit-elle, transforme en "agression sexuelle" le simple fait de demander une fellation. "Combien de postulats rétrogrades sur le sexe n'accrédite-t-on pas au nom de la lutte contre les agressions ! Non seulement la capacité d'agir de la femme a-t-elle été dans ce cas complètement gommée, mais notez la prémisse implicite du raisonnement : les étudiantes ne sont pas les égales des hommes en matière de force émotionnelle ou de maîtrise de soi, et elles requièrent qu'une horde d'administrateurs universitaires viennent pallier leur faiblesse. Autre prémisse implicite : le sexe est dangereux, et pendant ces trente secondes la femme a subi une blessure suffisamment grave pour exiger une réparation officielle." »
« Dans Le Sexe polémique, un livre à charge magnifiquement traduit aux éditions Liber, Laura Kipnis attaque. Le système de la délation, dit-elle, est une forme d'hystérie encouragée par les institutions qui prétendent le faire au nom de l'égalité entre les sexes. En Amérique, ces institutions sont les administrations des Universités, grassement payées pour garantir l'ordre. Il s'avère que le ministère de l'Éducation prive de financement tout établissement qui n'appliquerait pas strictement le titre IX (une loi contre la discrimination sexuelle). Pour montrer patte blanche, les Universités ont donc créé des Comités de surveillance qui ne peuvent justifier leur existence qu'en trouvant des coupables, c'est-à-dire en les créant de toutes pièces sur la base de simples rumeurs. Il suffit qu'une enseignante "soupçonnée" d'être lesbienne parle à deux étudiantes en chuchotant (parce qu'elles se trouvent dans une bibliothèque et qu'il est interdit d'y parler à voix haute). Elle est convoquée sans savoir de quoi on l'accuse, puis suspendue. »
« Faut-il voir une avancée dans ce mouvement qui encourage les femmes à porter plainte dès lors qu'une relation s'est mal passée ? Pourquoi les Comités soutiennent-ils les élèves même quand leur plainte est, de toute évidence, le résultat d'une confusion, d'un mal-être, d'un mélange mal digéré de culpabilité, de rancune et d'ignorance ? À qui profitent ces faux procès ? Pas aux femmes, répond Laura Kipnis. Celles-ci sont les premières victimes de la police des mœurs, pour deux raisons. La première raison, c'est que la bureaucratie accroît son pouvoir sur la base d'un discours doloriste qui cantonne systématiquement les femmes dans le rôle de proies passives, influençables, fragiles, incapables de savoir ce qu'elles veulent, inaptes à décider de leur sort. Bref, on fait d'elles des idiotes immatures. […] La deuxième raison c'est que loin de faire baisser le nombre de viols, le paternalisme contribue probablement à les augmenter. […] En surprotégeant la femme on la dissuade de se prendre en charge. […] On l'encourage à se percevoir comme une proie passive, et non pas comme une personne qui sait ce qu'elle veut, qui fait ce dont elle a envie. On la persuade que si ça se passe mal, ce sera toujours la faute de l'autre (puisque l'autre est un prédateur). Mais qu'en est-il dans la réalité ? »
« Dans le vrai monde, faire des expériences, c'est prendre des risques et accepter la part d'échec qui va avec. Comment rendre les femmes fortes avec un discours permanent de mise en garde contre les périls du sexe ? "Être maître de son propre corps, surtout pour les femmes, est un talent qui s'acquiert et qu'on doit enseigner", soutient Laura Kipnis, critiquant avec véhémence le discours sécuritaire (puritain) dominant. »
Extrait d'un éditorial signé Pierre-Gabriel Bieri, paru dans une lettre hebdomadaire (15 avril 2020) du Cente patronal, l'équivalent suisse du Medef :
« Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s'habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d'agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation... Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentisse-ment de la vie sociale et économique est en réalité très pénible pour d'innombrables habitants qui n'ont aucune envie de subir plus longtemps cette expérience forcée de décroissance. La plupart des individus ressentent le besoin, mais aussi l'envie et la satisfaction, de travailler, de créer, de produire, d'échanger et de consommer. On peut le faire plus ou moins intelligemment, et on a le droit de tirer quelques leçons de la crise actuelle. Mais il est néanmoins indispensable que l'activité économique reprenne rapidement et pleinement ses droits. »
« Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s'habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d'agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation... Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentisse-ment de la vie sociale et économique est en réalité très pénible pour d'innombrables habitants qui n'ont aucune envie de subir plus longtemps cette expérience forcée de décroissance. La plupart des individus ressentent le besoin, mais aussi l'envie et la satisfaction, de travailler, de créer, de produire, d'échanger et de consommer. On peut le faire plus ou moins intelligemment, et on a le droit de tirer quelques leçons de la crise actuelle. Mais il est néanmoins indispensable que l'activité économique reprenne rapidement et pleinement ses droits. »
« Patriarchy and capitalism continue to reignite in this pandemic in order to continue exploiting women’s bodies.Paying a woman for her reproductive capacity unleashes a new field of exploitation for our bodies. The selfishness of these couples prevails over the interests of the minors, unprotected. They risk that these babies can enter the country of reception, their future, in pursuit of their parenthood wishes and dreams. Femen reaffirms a position against reproductive exploitation from an anti-capitalist and anti-patriarchal perspective. We cannot allow other countries to function as incubators for couples for other countries, as Spain does with Ukraine. These people take advantage of the laws of these countries to avoid the legality in our territory and exploit women in another. Parenthood is not a right ! »
Et cela, depuis un peu plus d'un an. En effet, rapporte Cheek Magazine, « le gouvernement du SPD (Parti Social Démocrate Allemand), mené par le maire Michael Müller, a voté en juin dernier une mesure sans précédent en Europe : destiner une partie du budget alloué aux cinémas berlinois à la projection et au soutien du porno éthique ». « Le but », paraît-il : « promouvoir les productions locales et, à plus long terme, les inclure dans les programmes télévisés ». Ce faisant, « les sociaux-démocrates suivent […] le modèle de la Suède, pionnière de la révolution de l'éducation sexuelle à travers le cinéma pour adultes ».
« Nous travaillons sur une base de scénario mais ici personne ne te dit "coupez", personne ne te dit comment faire, ce que nous montrons est du sexe avec une connexion, et véritable », selon le témoignage d'une actrice ; « nous évoluons dans un milieu gender free, queer, bi et trans. Le porno féministe est du porno fait normalement, pour et par des femmes, où est aboli le rôle de l'homme blanc dominant, qui chosifie la femme et où prédomine une vision misogyne ». Tout un programme.
« Nous travaillons sur une base de scénario mais ici personne ne te dit "coupez", personne ne te dit comment faire, ce que nous montrons est du sexe avec une connexion, et véritable », selon le témoignage d'une actrice ; « nous évoluons dans un milieu gender free, queer, bi et trans. Le porno féministe est du porno fait normalement, pour et par des femmes, où est aboli le rôle de l'homme blanc dominant, qui chosifie la femme et où prédomine une vision misogyne ». Tout un programme.
« Le site lancé par la Maison Blanche, baptisé "Tech Biais" (que l'on pourrait traduire par "Parti pris politique de l'industrie tech"), propose ainsi un formulaire dans lequel renseigner ses coordonnées, le réseau social à l'origine de la présupposée censure ainsi que captures écran du contenu supprimé et de la notification émise par le réseau social incriminé. "L'administration Trump se bat pour la libre expression en ligne", peut-on lire dans un tweet de la Maison Blanche. "Quels que soient vos avis, si vous suspectez avoir été censuré ou interdit de parler en raison d'un parti pris politique, dites-le-nous, cela nous intéresse !". Et de préciser que "trop d'Américains ont vu leurs comptes suspendus, interdits ou dénoncés frauduleusement pour d'obscures 'violations' des règles d'utilisation". »
« Un matin, se levant du pied gauche, elle a décidé qu’il fallait "démasculiniser le langage" et créer une "langue féministe", ce à quoi elle réfléchissait "depuise des années". Du coup elle a "inventée la concepte de la féminine universelle", a ajouté des "e" un peu partout, histoire de bien féminiser la langue, et a donc "toute naturellemente" remplacé le "Il était une fois" des contes par "Elle était une fois". »
« Le plastique végétal produit par Avantium a des qualités de durabilité très intéressantes, assure Tom van Aken, le P-DG de la société », cité par le Courrier international. La preuve : « des essais ont montré que ce nouveau plastique végétal "se décomposerait en un an en utilisant un composteur", et en quelques années de plus "dans des conditions extérieures normales" ». Autrement dit, ce qui est « durable », aujourd'hui, selon la novlangue écologiste, ce n'est pas ce qui résiste à l'épreuve du temps, ce que l'on transmet de génération en génération… C'est, au contraire, l'éphémère, l'effaçable, l'oubliable… C'est un renversement remarquable !
Le recours à l'écriture dite inclusive produit-il « un contenu neutre, débarrassé de toute notion de genre », comme on le lit sur Abondance ? Cette pratique interdit de parler de quoi que ce soit sans distinguer les hommes et les femmes ; c'est donc l'inverse… De cette vidéo, on retiendra surtout que si vous utilisez les formes les moins lisibles de l'écriture inclusives (points médians, tirets, etc.), « il y a assez peu de chance en général que vous soyez trouvé avec des requêtes classiques » effectués sur un moteur de recherche. Par conséquent, du point de vue d'un éditeur soucieux de son référencement, « ce n'est ps une très bonne idée » d'y recourir.
« Estimant qu'il était "logique" que les célibataires aient eux aussi besoin de contact physique, le RIVM, l'institut de santé publique néerlandais, a publié cette semaine des recommandations à l'usage des célibataires. On y lisait : "Il est très important de maintenir le risque de transmission du coronavirus au plus bas niveau possible, [y compris] dans le cadre de l'intimité et des rapports sexuels. Vous pouvez par exemple vous mettre d'accord avec une seule et même personne pour avoir des rapports physiques ou sexuels, par exemple un partenaire de câlins ou un sexbuddy." En réalité, note le site d'information néerlandais NU.nl, "les réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux ont pris une ampleur que le RIVM n'avait pas vu venir." C'est pourquoi le message a été quelque peu atténué le 15 mai. Le passage évoquant les "partenaires de câlin" ou "sexbuddies" a disparu du site, note NU.nl. »
« À ce stade, le Covid-19 est une épidémie assez peu grave, mesurée à l'aune des grandes épidémies que l'humanité a pu connaître et même simplement à l'aune des causes de mortalité en général. Ce qui a dicté notre réaction extrême, consistant à enfermer chez elles autoritairement et pour une durée indéterminée des dizaines de millions de personnes, n'est pas la dangerosité du Covid-19, mais notre rapport à la maladie et à la médecine. Ce qui a changé, par rapport aux épidémies des siècles précédents, c'est que nous avons perdu l'habitude de mourir des maladies infectieuses. »
« Nous nous sommes affolés lorsque nous nous sommes rendus compte que le nombre de cas graves allait dépasser notre capacité de les traiter. Ce qui nous est apparu comme insupportable, c'est l'idée de mourir alors que la médecine aurait pu nous sauver, c'est la perspective de voir les médecins trier parmi les malades ceux qu'ils essayeraient de soigner. Bref, notre affolement est avant tout le résultat des progrès de la médecine et du fait que ces progrès, pour admirables qu'ils soient, nous désapprennent à mourir et érodent notre courage. Plus précisément, puisque la décision du confinement appartient au Gouvernement, le Gouvernement a pensé qu'il serait tenu pour responsable de tous les décès "évitables", de tous les gens qui seraient morts du Covid-19 parce que les services de réanimation n'auraient pas pu les prendre en charge. »
« Brusquement, toute la vie de la nation s'est mise à tourner autour des services de réanimation de nos hôpitaux, l'objectif suprême et éclipsant tous les autres est devenu d'éviter leur saturation. Ce qui est compréhensible, peut-être, mais pas raisonnable. […] Il est normal, il est bon que les médecins répugnent à l'idée de laisser mourir des gens qu'ils auraient pu sauver "s'il avaient eu plus de moyens". Mais il est anormal que les responsables politiques se mettent à raisonner comme des médecins et se laissent obnubiler par une seule chose : les "vies qui auraient pu être sauvées". Une telle manière de prendre des décisions est d'autant plus absurde qu'il y a et il y aura toujours des gens qui auraient pu être sauvés par la médecine "avec plus de moyens". Il y a et il y aura toujours des gens qui mourront "à cause des choix budgétaires", parce qu'il y aura toujours des choix budgétaires à faire. Les "besoins" (c'est-à-dire en fait les désirs, et en l'occurrence notre désir de vivre) sont illimités et les ressources limitées, telle est la loi d'airain de la condition humaine. En fait, chaque vote du budget de la nation peut être considéré comme une condamnation à mort pour un certain nombre de malades, présents ou futurs, car chaque vote du budget opère des arbitrages entre les différents biens que nous essayons de nous procurer avec nos ressources limitées, parmi lesquels la santé. La vraie différence avec la situation actuelle, c'est que d'habitude ces choix sont implicites. »
« Il est d'autant moins rationnel de se laisser obnubiler par les ressources actuelles des services de santé que, même si nous raisonnons en termes d'espérance de vie, même si nous considérons que la survie est un bien qui devrait avoir priorité sur tous les autres, la médecine n'est pas forcément la chose la plus importante. […] L'économie, c'est aussi "des vies". Le confinement induira une récession, et une récession ce sont des années de vies en moins pour un nombre indéterminé de personnes par la dégradation de leurs conditions de vie. Une récession aujourd'hui ce sont des ressources en moins demain, car même si le gouvernement ouvre actuellement en grand le robinet du déficit et de la dette, l'argent gratuit n'existe pas, tout finit par se payer. Donc ce seront des ressources en moins aussi pour financer toutes sortes d'investissements qui auraient pu "sauver des vies", y compris bien sûr des investissements dans le système de santé. »
« Nous nous sommes affolés lorsque nous nous sommes rendus compte que le nombre de cas graves allait dépasser notre capacité de les traiter. Ce qui nous est apparu comme insupportable, c'est l'idée de mourir alors que la médecine aurait pu nous sauver, c'est la perspective de voir les médecins trier parmi les malades ceux qu'ils essayeraient de soigner. Bref, notre affolement est avant tout le résultat des progrès de la médecine et du fait que ces progrès, pour admirables qu'ils soient, nous désapprennent à mourir et érodent notre courage. Plus précisément, puisque la décision du confinement appartient au Gouvernement, le Gouvernement a pensé qu'il serait tenu pour responsable de tous les décès "évitables", de tous les gens qui seraient morts du Covid-19 parce que les services de réanimation n'auraient pas pu les prendre en charge. »
« Brusquement, toute la vie de la nation s'est mise à tourner autour des services de réanimation de nos hôpitaux, l'objectif suprême et éclipsant tous les autres est devenu d'éviter leur saturation. Ce qui est compréhensible, peut-être, mais pas raisonnable. […] Il est normal, il est bon que les médecins répugnent à l'idée de laisser mourir des gens qu'ils auraient pu sauver "s'il avaient eu plus de moyens". Mais il est anormal que les responsables politiques se mettent à raisonner comme des médecins et se laissent obnubiler par une seule chose : les "vies qui auraient pu être sauvées". Une telle manière de prendre des décisions est d'autant plus absurde qu'il y a et il y aura toujours des gens qui auraient pu être sauvés par la médecine "avec plus de moyens". Il y a et il y aura toujours des gens qui mourront "à cause des choix budgétaires", parce qu'il y aura toujours des choix budgétaires à faire. Les "besoins" (c'est-à-dire en fait les désirs, et en l'occurrence notre désir de vivre) sont illimités et les ressources limitées, telle est la loi d'airain de la condition humaine. En fait, chaque vote du budget de la nation peut être considéré comme une condamnation à mort pour un certain nombre de malades, présents ou futurs, car chaque vote du budget opère des arbitrages entre les différents biens que nous essayons de nous procurer avec nos ressources limitées, parmi lesquels la santé. La vraie différence avec la situation actuelle, c'est que d'habitude ces choix sont implicites. »
« Il est d'autant moins rationnel de se laisser obnubiler par les ressources actuelles des services de santé que, même si nous raisonnons en termes d'espérance de vie, même si nous considérons que la survie est un bien qui devrait avoir priorité sur tous les autres, la médecine n'est pas forcément la chose la plus importante. […] L'économie, c'est aussi "des vies". Le confinement induira une récession, et une récession ce sont des années de vies en moins pour un nombre indéterminé de personnes par la dégradation de leurs conditions de vie. Une récession aujourd'hui ce sont des ressources en moins demain, car même si le gouvernement ouvre actuellement en grand le robinet du déficit et de la dette, l'argent gratuit n'existe pas, tout finit par se payer. Donc ce seront des ressources en moins aussi pour financer toutes sortes d'investissements qui auraient pu "sauver des vies", y compris bien sûr des investissements dans le système de santé. »
Cette bibliothèque, imaginée par le designer William Warren, peut se démonter pour être transformée…. en cercueil. Aussi est-elle jugé « éco-responsable » par le site Creapills. « C'est légèrement glauque mais c'est aussi très créatif, surtout pour souligner la durabilité d'un produit », commente Maxime Delmas. Vraiment ? De notre point de vue, un produit « durable », surtout un meuble, devrait survivre à son propriétaire. Dans l'idéal, il sera transmis d'une génération à l'autre. Dans le cas présent, on a plutôt affaire à un produit typique de la nouvelle économie circulaire, qui donnera bonne conscience à son propriétaire n'ayant pas d'autre horizon que sa propre existence.
Twitter a été assigné en justice par quatre associations – l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), J'accuse, SOS-Racisme et SOS-Homophobie – qui lui reprochent son « inaction massive » face aux discours qu'elles réprouvent, notamment racistes. C'est-à-dire « anti-asiatiques, anti-arabes, anti-musulmans, anti-chrétiens, anti-roms, anti-noirs ». Y compris « anti-chrétiens » donc.
« En raison de la pandémie de coronavirus, les parents étrangers ont besoin d'une autorisation spéciale pour entrer en Ukraine, délivrée par Kiev sur demande de leur pays d'origine. Mais certaines de leurs ambassades ont "refusé" d'intervenir et "cette question n'est toujours pas réglée", a fait valoir la responsable. Il s'agit notamment de la France, où la GPA est interdite. L'Ukraine est une destination de plus en plus populaire pour des parents voulant pratiquer la GPA, notamment en raison de prix relativement bas, 28 000 euros en moyenne. Selon la loi ukrainienne, seuls les couples hétérosexuels mariés et reconnus comme infertiles peuvent en bénéficier. »
Une publication de France Stratégie (le laboratoire d'idées du Gouvernement) bouscule certaines idées reçues. De fait, « le patrimoine retraite des femmes est supérieur de près de 7 % en moyenne à celui des hommes », constatent Clément Dherbécourt, Gautier Maigne et MathildeViennot. En effet, expliquent-ils, « leur espérance de vie plus élevée compense un niveau de pension plus faible et leur donne accès beaucoup plus souvent à la réversion ». Cela étant, évidemment, « en équivalent viager, leur retraite est cependant inférieure à celle des hommes : elles reçoivent en moyenne annuellement 18 000 euros jusqu'à leur mort, contre 20 100 pour les hommes ».
Le 6 mai 2020, un meeting virtuel s'est tenu pour fédérer la gauche féministe. Objectif : « dénoncer les reculs des droits et de la visibilité des femmes observés pendant ce confinement », résume la journaliste Astrid de Villaines.
Seules des femmes y ont pris la parole. Et les participantes semblent déçues du peu d'intérêt porté à leur manifestation. Certains médias en ont bien rendu compte, mais « l'AFP a même écrit "Des élus dénoncent le machisme" dans le titre de sa dépêche », regrette Esther Benbassa (EELV), récusant implicitement l'usage du masculin générique.
De toute façon, de son point vue, la guerre des sexes est une fatalité. « Que les femmes demandent à être en politique et dans les médias, ça ne plaît pas aux hommes », affirme-t-elle. « Quel serait leur intérêt à relayer? », demande-t-elle, excluant visiblement que le féminisme puisse faire l'objet d'une quelconque instrumentalisation politique. « On est en concurrence quelque part... », conclut-elle.
Une « concurrence » à certains égards déloyale, puisque ses amies, elles, peuvent invoquer des "stéréotypes de genre" sans qu'on le leur reproche : « On n'a pas un ego démesuré et on a de la bonne volonté. Dites à la plupart des mecs de parler trois minutes, de respecter son temps de parole et de donner sa place à une invitée, vous verrez! » Dont acte.
Seules des femmes y ont pris la parole. Et les participantes semblent déçues du peu d'intérêt porté à leur manifestation. Certains médias en ont bien rendu compte, mais « l'AFP a même écrit "Des élus dénoncent le machisme" dans le titre de sa dépêche », regrette Esther Benbassa (EELV), récusant implicitement l'usage du masculin générique.
De toute façon, de son point vue, la guerre des sexes est une fatalité. « Que les femmes demandent à être en politique et dans les médias, ça ne plaît pas aux hommes », affirme-t-elle. « Quel serait leur intérêt à relayer? », demande-t-elle, excluant visiblement que le féminisme puisse faire l'objet d'une quelconque instrumentalisation politique. « On est en concurrence quelque part... », conclut-elle.
Une « concurrence » à certains égards déloyale, puisque ses amies, elles, peuvent invoquer des "stéréotypes de genre" sans qu'on le leur reproche : « On n'a pas un ego démesuré et on a de la bonne volonté. Dites à la plupart des mecs de parler trois minutes, de respecter son temps de parole et de donner sa place à une invitée, vous verrez! » Dont acte.
Voilà qui est consternant. Étonnant, aussi, car une telle institution devrait pourtant attirer bien des candidats ! Et surtout, bien sûr, c'est inquiétant.
« Cette période nous invite à une réflexion sur le ralentissement. C'est une démarche personnelle, mais qui peut tracer un nouveau paradigme au sein du libéralisme. Pour le sortir d'une forme d'impasse de multiplication des possibles, de "toujours plus vite, moins cher, plus efficace", avec une perte du "moi" dans des réseaux omniprésents. »
« Ralentir, c'est se donner la possibilité de retrouver son identité singulière, avançant chacun à son propre rythme. À ce titre, la propriété privée est intéressante, car c'est un ralentisseur. Elle est attaquée autant par Thomas Piketty que par un économiste libéral comme Glen Weyl, qui veut l'abolir pour que tout puisse être mis aux enchères, dans un monde où la vitesse prime. Un bien privé, on peut le mettre dans ou hors du marché, le valoriser ou le garder pour n'en rien faire, même si c'est sous-optimal pour le groupe. La propriété permet aux gens d'élaborer une personnalité dans les objets qu'ils choisissent, qui les reflètent, elle peut évoluer, être transmise. »
« On est arrivé au bout d'un cycle de vitesse. Les libéraux ne peuvent plus dire : "Il faut rattraper le retard, travailler plus, voyager comme avant." Ce n'est plus en phase avec les attentes sociétales. Pour beaucoup de gens, la suspension des déplacements est un soulagement. La croissance ne devrait pas être un objectif de politique publique. Le seul objectif, c'est de rendre les gens aussi autonomes que possible. »
« Ralentir, c'est se donner la possibilité de retrouver son identité singulière, avançant chacun à son propre rythme. À ce titre, la propriété privée est intéressante, car c'est un ralentisseur. Elle est attaquée autant par Thomas Piketty que par un économiste libéral comme Glen Weyl, qui veut l'abolir pour que tout puisse être mis aux enchères, dans un monde où la vitesse prime. Un bien privé, on peut le mettre dans ou hors du marché, le valoriser ou le garder pour n'en rien faire, même si c'est sous-optimal pour le groupe. La propriété permet aux gens d'élaborer une personnalité dans les objets qu'ils choisissent, qui les reflètent, elle peut évoluer, être transmise. »
« On est arrivé au bout d'un cycle de vitesse. Les libéraux ne peuvent plus dire : "Il faut rattraper le retard, travailler plus, voyager comme avant." Ce n'est plus en phase avec les attentes sociétales. Pour beaucoup de gens, la suspension des déplacements est un soulagement. La croissance ne devrait pas être un objectif de politique publique. Le seul objectif, c'est de rendre les gens aussi autonomes que possible. »
En cause, des propos tenus dans un groupe dit privé : « "À tous les connards qui veulent défendre les sous-merdes du type de celui qui a tué deux personnes à Romans", le tout suivi d'un émoji "doigt d'honneur". Le bâtonnier a commenté en écrivant : "Il peut crever où il veut, rien à… et, moi aussi je pèse mes mots", laissant entendre qu'il ne ferait pas d'effort pour désigner un avocat commis d'office. »
« On n'est comptable que des actes que l'on pose », commente Céline Pina ; de son point de vue, « il y a donc une vraie différence entre la parole publique et la parole privée : elles ne sont pas du même ordre ». Mais dès lors qu'une parole privée est révélée à la connaissance du public, elle change fatalement de nature… De plus, parler, même en privé, c'est déjà poser un acte. Et de toute façon, quand on s'exprime devant des confrères, on le fait dans un cadre somme toute très professionnel ; il s'agit donc de propos tenus à huis-clos plus que dans un cadre privé,
Or, qu'un avocat investi de telles responsabilités conteste, à la faveur d'un cas certes extrême, la légitimité des principes censés gouverner son action, c'est assurément très gênant… Sa démission s'imposait.
« On n'est comptable que des actes que l'on pose », commente Céline Pina ; de son point de vue, « il y a donc une vraie différence entre la parole publique et la parole privée : elles ne sont pas du même ordre ». Mais dès lors qu'une parole privée est révélée à la connaissance du public, elle change fatalement de nature… De plus, parler, même en privé, c'est déjà poser un acte. Et de toute façon, quand on s'exprime devant des confrères, on le fait dans un cadre somme toute très professionnel ; il s'agit donc de propos tenus à huis-clos plus que dans un cadre privé,
Or, qu'un avocat investi de telles responsabilités conteste, à la faveur d'un cas certes extrême, la légitimité des principes censés gouverner son action, c'est assurément très gênant… Sa démission s'imposait.
Interpellé à ce sujet, le National Cyber Security Centre (NCSC), dépendant du gouvernement britannique, s'est empressé de changer son vocabulaire. « Il y a un problème avec la terminologie. », a expliqué un porte-parole ; « cela n'a de sens que si vous assimilez le blanc à "bon, autorisé, sûr" et le noir à "mauvais, dangereux, interdit" » ; et donc, paraît-il, « cela pose des problèmes évidents ». Le Conseil d'administration du NCSC s'est montré unanime pour rectifier le tir. Et son directeur technique, Ian Levy, a lancé cet avertissement : « Si vous songez à entrer en contact en disant que le politiquement correct est devenu fou, ne vous embêtez pas. »
À noter : « Le problème était également devenu un sujet de discussion dans Chromium, le moteur de navigateur open source à la base de Chrome, Edge, Vivaldi, Opera, Brave et de nombreux autres navigateurs Web modernes. À la demande d'un ingénieur de Microsoft, ceux de Google avaient accepté l'an passé de cesser d'utiliser les termes de la liste blanche et de la liste noire, mais également substituer les notions de "maître-esclave" par "auteur-lecteur". »
À noter : « Le problème était également devenu un sujet de discussion dans Chromium, le moteur de navigateur open source à la base de Chrome, Edge, Vivaldi, Opera, Brave et de nombreux autres navigateurs Web modernes. À la demande d'un ingénieur de Microsoft, ceux de Google avaient accepté l'an passé de cesser d'utiliser les termes de la liste blanche et de la liste noire, mais également substituer les notions de "maître-esclave" par "auteur-lecteur". »
« La Cour suprême néerlandaise a donné mardi son aval à l'euthanasie de personnes atteintes de démence avancée, même si elles ne sont plus en état de réitérer leur souhait. »
Où l'on apprend que des pompiers professionnels, sommés de renoncer à leur barbe, ont porté l'affaire en justice pour dénoncer une « discrimination en raison de l'apparence physique ».
« Un couple de Parisiens a été verbalisé et renvoyé ce week-end de Bretagne où il était venu passer le confinement malgré les interdictions de déplacements et de locations saisonnières, a-t-on appris auprès des gendarmes. […] Les gendarmes ont été alertés par un riverain qu'ils étaient en train de verbaliser sur une plage de Plougasnou pour non-respect du confinement. Celui-ci, peut-être frustré d'être sanctionné, leur a indiqué une maison connue pour être une location de vacances, mais qui avait les volets ouverts. »
« Ne pas pouvoir rendre hommage aux morts, être privés de ce rituel, c'est cela, qu'on nous enlève aussi. On enterre en catimini, on incinère comme des voleurs. Dire au revoir à ceux qu'on a aimés fait partie de ce qui nous rend humains. Le confinement ne nous a pas seulement enlevé notre liberté de circuler. Il nous enlève aussi une partie de notre humanité. C'est d'une violence extrême. "J'ai conscience des efforts et des sacrifices qui vous sont demandés", avait dit Édouard Philippe. En théorie, peut-être. Mais dans la pratique ? Voilà ce que j'avais envie de dire à tous ceux qui nous donnent des leçons sur le "monde d'après", sur les bienfaits de ce confinement, qu'on devrait appeler plutôt "isolement", à tous ces théoriciens d'un nouveau monde. Le confinement détruit intérieurement bien plus qu'il n'apporte de bienfaits. »
« L'idée d'attribuer une valeur monétaire à une vie est a priori choquante. […] Pourtant, un État doit en permanence faire des choix. […] Nos perceptions sont souvent biaisées. […] Un horrible accident d'ascenseur conduira à prescrire aux propriétaires d'appartement une mise aux normes beaucoup plus coûteuse que mainte action de prévention des accidents domestiques. […] On peut demander à chacun ce que vaut pour lui une année supplémentaire de vie en bonne santé, ou demander combien, en tant que contribuable, il est prêt à dépenser pour qu'un malade inconnu (lui peut-être) bénéficie d'une année de plus. […] Dans les pays riches, la moyenne des réponses varie entre 24 000 euros à 60 000 euros. […] Cette approche reflète-t-elle un calcul mesquin d'égoïstes prêts à sacrifier des vies pour sauver leur portefeuille ? La réalité est plus complexe. […] Sacrifier le revenu d'un pays, c'est […] aussi réduire l'espérance de vie de ses habitants. […] On comprend donc pourquoi certains […] peuvent penser que le remède du confinement est pire que l'absence de mesures exceptionnelles face à la pandémie. La question se pose avec encore plus d'acuité dans les pays pauvres, qui ne peuvent offrir des moyens d'existence aux personnes que le confinement prive de revenu. […] Si un État réagit ainsi, est-il politiquement possible, dans un État voisin, d'expliquer qu'on préfère préserver la prospérité économique et les bienfaits qui vont avec, y compris le meilleur état psychologique et sanitaire d'une population plus prospère ? […] L'Histoire dira quels pays auront pris les décisions les plus conformes aux aspirations et aux intérêts de leurs peuples. »
« La réaction des Français et de leur gouvernement au coronavirus est généreuse, mais n'est-elle pas aussi téméraire ? "Quoi qu'il en coûte" a dit le jeune homme présidentiel au milieu d'une des longues phrases soporifiques dont il a le secret. Quoi qu'il en coûte, vraiment ? Au prix de sacrifier l'économie française, la justice et l'éducation qui sont elles aussi très malades depuis longtemps ? Même si ça a l'air mesquin, il faut pourtant se poser ces questions essentielles. Le philosophe André Comte-Sponville […] a eu le courage de briser le consensus national sur le soutien total à la vieillesse et à la grande vieillesse. Dans "Face à la crise du coronavirus, gare au pan-médicalisme", il écrit : "Le pan-médicalisme, c'est tout demander à la médecine, non plus seulement notre santé, mais le bonheur lui-même", et : "La médecine coûte cher, et de plus en plus. Comment pourrait-elle abolir les exigences de l'économie, qui permet seule de la financer ?" »
Où l'on apprend qu'à l'intention des aveugles et des mal-voyants, « l'association spécialisée Valentin Haüy a mis à disposition sur son site plusieurs formulaires préremplis spécialement adaptés et "accessibles" » pour sortir pendant la période de confinement. Ce qui laisse entendre que cela n'était même pas prévu par le Gouvernement… C'est d'autant plus navrant que cela ne coûte pourtant pas grand-chose !