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écriture_inclusive
C'est une nouveauté dans la dernière version d'Office 365 : « Word gagne une fonction appelée "Rédacteur" qui vous accompagne dans l'écriture en proposant des modifications ou en vous aidant avec l'écriture inclusive. » Ce qui est inquiétant, c'est que l'emploi du masculin générique risque bientôt de ne plus être compris…
L'écriture inclusive? « Elle répond aussi à des aspirations. Là encore, l'Histoire jugera si on en gardera quelques stigmates de ce combat portant des valeurs nécessaires et légitimes. Mais ce n'est pas neuf comme débat! Au XVIe siècle, on féminisait tout! Puis, au XIXe, on a interdit le féminin dans cette idée de rigorisme phallocrate. Et à côté de cela, il y a aussi des personnes qui tiennent à la masculinisation des termes. Je pense à une femme qui voulait devenir "avocat" et non pas "avocate", c'était très important à ses yeux. Au final, ces évolutions sont intéressantes et il faut s'en divertir. »
« Cet ouvrage collectif sous la direction de Danièle Manesse et Gilles Siouffi, respectivement linguiste et spécialiste de l’histoire du français, fait le point sur ce phénomène, de manière posée et néanmoins défavorable. »
« Une telle déréalisation fantasmatique du langage est l'un des traits du post-modernisme: on fait dire aux choses ce que l'on veut, en fonction de ses intérêts idéologiques. Quand on a décidé d'une grille de lecture du monde, tout est interprétable dans ce sens, en dépit de la réalité. On peut y lire un désir de défendre des causes: une fois qu'on est dans cette dynamique intellectuelle fermée, on ne peut qu'avoir raison, y compris dans son délire. »
Explication officielle : « Ce choix n'a pas été guidé par les débats sur l'écriture inclusive qui ont vu le jour parallèlement au projet de norme. Le point médian trouve une utilité en catalan. […] Il est également utilisé en occitan, dans sa variante gasconne, pour séparer deux lettres qui sinon se prononceraient différemment. C'est donc un marqueur phonétique, qui a la même fonction que l'apostrophe en français. À ce titre, il est apparu important de le proposer pour faciliter l'écriture des langues de France. »
Le journal des étudiants de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) va désormais recourir à l'écriture dite « inclusive ». Mais ses contributeurs sont de bien petits joueurs, comme le remarque en substance un collaborateur du Journal de Montréal.
Un collaborateur de Slate raconte comment l'écriture prétendument inclusive s'est imposée dans sa rédaction. Cela donne à réfléchir : « c'est devenu un automatisme et c'est l'écriture non inclusive qui me choque désormais », explique Nora Bouazzouni ; par conséquent, « quand je lis sur d'autres médias en titre "70 % des Français", ça donne l'impression qu'on n'a interrogé que la population masculine », témoigne Mathilde Boireau. La crainte de ne plus pouvoir se faire comprendre en parlant normalement apparaît donc fondée.
Sur son site Internet, le conseil départemental d'Ille-et-Vilaine utilise dores et déjà l'écriture inclusive, y compris dans sa forme la plus caricaturale (recours au point médian). « Il apparaît regrettable que les règles grammaticales "invisibilisent" le féminin et consacrent la supériorité du masculin dont on dit qu'il l'emporte sur le féminin », explique-t-il dans un rapport cité par Ouest-France. Selon cette institution, présidée par Jean-Luc Chenut, « les usages courants de la langue se transforment de manière hétérogène, à la recherche de règles plus justes » ; « c'est la raison pour laquelle la collectivité a réuni un groupe de travail pour harmoniser ses écrits mais aussi de promouvoir une communication qui évite de véhiculer des stéréotypes de genre ».
Ce nouveau langage menace de créer bien des inimitiés. En effet, selon Jean Szlamowicz, « l'écriture inclusive introduit l'idée qu'on pourrait avoir une orthographe investie d'un souci moral – et, du coup, différente selon ses sensibilités politiques : sur le plan social, c'est éminemment clivant ». Cela étant, peut-être la hantise de la binarité sauvera-t-elle le masculin neutre ? C'est ce que suggère Xavier-Laurent Salvador : « Si je dis qu'un "étudiant" vient, je signifie : un garçon, une fille ou toute autre forme de sexualité – c'est la force du masculin neutre. "L'étudiant·e" n'est que l'un ou l'autre : c'est une pauvreté inclusive. »
C'est un professeur de littérature de la Renaissance qui l'affirme. Le général de Gaulle « commençait ses discours par "Françaises, Français" », rappelle Eliane Viennot ; « c'est ce que l'on nomme aujourd'hui des doubles flexions, des doublets », poursuit-elle dans un entretien accordé au Figaro.
« Concrètement, Antidote pointe dans la page les termes pouvant être remplacés par un mot épicène, c'est-à-dire non genré. Par exemple, au lieu de parler des "enseignants", le logiciel corrigera par "le corps enseignant". Pour autant, le logiciel n'applique pas une inclusion aussi stricte que la mise à jour Word d'octobre dernier. […] Avec Antidote, pas d'accord de proximité, de doublets systématiques […] ou de points médians. »