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« L'Arcom s'est penchée sur les programmes de dix-neuf chaînes (TNT gratuite et Canal Plus) pendant deux semaines, en janvier et en novembre 2021. […] Résultat, les personnes vues comme "non blanches" ne représentent que 14% des dizaines de milliers d'individus apparus dans les programmes visionnés, un chiffre en baisse de 2 points par rapport à 2020 (16%) et "identique aux années 2014 et 2015", déplore le régulateur dans son rapport remis au Parlement. »
« En cause, notamment, la "faible proportion" de ces personnes "dans l'information" et sur les chaînes d'info en continu, où leur part s'arrête à 10 %, contre 15 % pour les chaînes généralistes historiques (TF1, France 2, M6, etc.) et 16% pour les chaînes thématiques de la TNT (C8, TMC, W9, etc.). »
« L'Arcom "encourage" donc les chaînes d'info à mieux faire, même si BFMTV fait figure de meilleur élève, avec un taux de 14 %. Dans le détail et par type de programmes, la part de personnes vues comme "non blanches" s'élève à 17 % dans les fictions (- 1 point par rapport à 2020) et 19 % dans les divertissements (+1 point), contre seulement 13 % dans les magazines-documentaires et 11 % (- 3 points) dans les programmes d'information, où elles représentent "43 % des personnes ayant une attitude à connotation négative". Un constat "d'autant plus regrettable" que les éditeurs sont tenus d'apporter une "attention particulière" à "l'actualité française dans les journaux", en prise avec la réalité, rappelle l'Arcom. »
Donc, les médias ne devraient pas chercher à rendre compte de l'actualité aussi fidèlement que possible, mais ils devraient sélectionner les faits à mentionner et les individus à citer selon l'image qu'ils renverront de la « diversité » ?
« En cause, notamment, la "faible proportion" de ces personnes "dans l'information" et sur les chaînes d'info en continu, où leur part s'arrête à 10 %, contre 15 % pour les chaînes généralistes historiques (TF1, France 2, M6, etc.) et 16% pour les chaînes thématiques de la TNT (C8, TMC, W9, etc.). »
« L'Arcom "encourage" donc les chaînes d'info à mieux faire, même si BFMTV fait figure de meilleur élève, avec un taux de 14 %. Dans le détail et par type de programmes, la part de personnes vues comme "non blanches" s'élève à 17 % dans les fictions (- 1 point par rapport à 2020) et 19 % dans les divertissements (+1 point), contre seulement 13 % dans les magazines-documentaires et 11 % (- 3 points) dans les programmes d'information, où elles représentent "43 % des personnes ayant une attitude à connotation négative". Un constat "d'autant plus regrettable" que les éditeurs sont tenus d'apporter une "attention particulière" à "l'actualité française dans les journaux", en prise avec la réalité, rappelle l'Arcom. »
Donc, les médias ne devraient pas chercher à rendre compte de l'actualité aussi fidèlement que possible, mais ils devraient sélectionner les faits à mentionner et les individus à citer selon l'image qu'ils renverront de la « diversité » ?
« Les quatre militants antiracistes poursuivis pour avoir déboulonné la statue d'un marchand britannique d'esclaves, en juin 2020, ont été reconnus non coupables d'actes de vandalisme par douze jurés. Le monument en hommage à Edward Colston, dont le rôle central dans la vente de 84 000 enfants, femmes et hommes entre 1672 et 1689 est établi par les historiens, avait été jeté dans le port lors d'une manifestation. »
« Les prévenus ont reconnu les faits mais nié toute action criminelle au cours des neuf jours de procès, "soutenant plutôt que la présence même de ce monument dans une ville multiculturelle constituait une insulte", relate The Times. De nombreuses demandes de retrait de la statue avaient été faites depuis les années 1990, précise le journal londonien. Sans succès. »
« Le parquet, de son côté, "a fait valoir que le sujet ne portait pas sur la moralité d'un marchand d'esclaves du XVIIe siècle mais sur le respect de l'État de droit". […] "Cette décision crée un dangereux précédent", déplore le tabloïd The Sun. "Que le jury ait pu penser que c'est une statue qui était jugée et non les prévenus serait risible si les conséquences n'étaient pas aussi graves, abonde The Daily Telegraph. Ce jugement compromet la sécurité des biens." Même son de cloche dans les rangs du Gouvernement : "Cela ne doit pas être considéré comme une carte blanche pour se permettre de détruire les monuments", a prévenu le ministre des Transports, Grant Shapps, sur les ondes de la BBC, jeudi matin. D'après lui, le très controversé projet de loi portant sur l'ordre public, actuellement examiné au Parlement, doit permettre de "durcir les sanctions pour des délits "mémoriels'". »
« Les prévenus ont reconnu les faits mais nié toute action criminelle au cours des neuf jours de procès, "soutenant plutôt que la présence même de ce monument dans une ville multiculturelle constituait une insulte", relate The Times. De nombreuses demandes de retrait de la statue avaient été faites depuis les années 1990, précise le journal londonien. Sans succès. »
« Le parquet, de son côté, "a fait valoir que le sujet ne portait pas sur la moralité d'un marchand d'esclaves du XVIIe siècle mais sur le respect de l'État de droit". […] "Cette décision crée un dangereux précédent", déplore le tabloïd The Sun. "Que le jury ait pu penser que c'est une statue qui était jugée et non les prévenus serait risible si les conséquences n'étaient pas aussi graves, abonde The Daily Telegraph. Ce jugement compromet la sécurité des biens." Même son de cloche dans les rangs du Gouvernement : "Cela ne doit pas être considéré comme une carte blanche pour se permettre de détruire les monuments", a prévenu le ministre des Transports, Grant Shapps, sur les ondes de la BBC, jeudi matin. D'après lui, le très controversé projet de loi portant sur l'ordre public, actuellement examiné au Parlement, doit permettre de "durcir les sanctions pour des délits "mémoriels'". »
« En cause, une course organisée en septembre 2019 par des étudiants du campus de Saint-Etienne, épinglée par nos confrères de Médiapart. […] Ce jour-là, une bombe de peinture corporelle aurait été remise à chaque équipe, afin d'identifier les différentes teams. Les "Extrem" avaient la couleur noire, et se sont donc grimés, certains allant jusqu'à en mettre sur le visage. Un "blackface" pour certains, surtout quand un participant à la course a imité un singe durant "quelques secondes". […] Une enquête interne a été ouverte assure la direction de l'EM Lyon au média dirigé par Edwy Plenel. »
« Alors, la dernière connerie qu'ils ont trouvée pour essayer de lutter contre le racisme, c'est dans le prochain James Bond qu'ils sont en train de tourner en ce moment au cinéma. Le prochain personnage de James Bond, enfin, Agent 007, sera incarné par une femme renoi. Est-ce qu'on n'est pas en train d'aller trop loin dans la lutte contre le racisme ? "My name is Bond, Fatoumata Bond." Non ça ne va pas du tout, je ne suis pas d'accord. James Bond, c'est un personnage, on l'aime comme ça, vous l'aimez comme ça, on ne va pas le changer du jour au lendemain pour un quota. Ou alors OK. On dit que James Bond est une femme renoi. Mais dans ce cas-là, le jour où on tournera le biopic de Michael Jordan au cinéma, je veux que ce soit joué par Thierry Lhermitte, et que tout le monde valide ça normal. »
Peut-être l'auteur de ces propos aurait-il dû s'excuser, mais pas pour les raisons qu'il invoque. Le problème, c'est qu'il propage une infox à propos du prochain James Bond… Pourtant, les exemples ne manquent pas pour dénoncer les dérives de l'antiracisme !
Peut-être l'auteur de ces propos aurait-il dû s'excuser, mais pas pour les raisons qu'il invoque. Le problème, c'est qu'il propage une infox à propos du prochain James Bond… Pourtant, les exemples ne manquent pas pour dénoncer les dérives de l'antiracisme !
À vrai dire, de notre point de vue, la liberté d'expression des enseignants n'avait pas lieu d'être sacralisée. Du moins, pas dans le secondaire. Mais à l'université, pourquoi pas ? Hélas, on passe d'un extrême à l'autre.
« Une enquête va être ouverte après une plainte de la Ligue des droits de l'Homme qui dénonce des propos "antisémites et islamophobes" d'une professeure de droit de l'université d'Aix-Marseille. L'enquête sera ouverte pour "injures publiques en raison d'appartenance à des religions", a précisé à l'AFP le parquet. Dans un court extrait diffusé par Mediapart de son cours enregistré sur Zoom le 27 octobre, cette professeure de droit assure notamment qu'"on n'a aucune liberté de conscience en islam". "Si on naît d'un père musulman, on est musulman à vie. Une sorte de religion sexuellement transmissible, je n'ai jamais compris. On dirait du judaïsme, c'est pareil, c'est par la mère. Une sorte de MST, de RST, de religion sexuellement transmissible", ajoute-t-elle. […] On n'a pas communiqué à l'extérieur étant donné le contexte sécuritaire", après l'assassinat de Samuel Paty qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, a expliqué le président de l'établissement Éric Berton. "Si les propos sont avérés, ils seront fermement condamnés", a-t-il ajouté. »
« Une enquête va être ouverte après une plainte de la Ligue des droits de l'Homme qui dénonce des propos "antisémites et islamophobes" d'une professeure de droit de l'université d'Aix-Marseille. L'enquête sera ouverte pour "injures publiques en raison d'appartenance à des religions", a précisé à l'AFP le parquet. Dans un court extrait diffusé par Mediapart de son cours enregistré sur Zoom le 27 octobre, cette professeure de droit assure notamment qu'"on n'a aucune liberté de conscience en islam". "Si on naît d'un père musulman, on est musulman à vie. Une sorte de religion sexuellement transmissible, je n'ai jamais compris. On dirait du judaïsme, c'est pareil, c'est par la mère. Une sorte de MST, de RST, de religion sexuellement transmissible", ajoute-t-elle. […] On n'a pas communiqué à l'extérieur étant donné le contexte sécuritaire", après l'assassinat de Samuel Paty qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, a expliqué le président de l'établissement Éric Berton. "Si les propos sont avérés, ils seront fermement condamnés", a-t-il ajouté. »
« Même chez Europe-Écologie-Les Verts, personne n'est à l'abri d'être accusé de ne pas être assez "conscientisé". Le secrétaire général du parti, Julien Bayou, en a fait l'amère expérience ce dimanche 29 novembre, repris de volée par la réalisatrice Amandine Gay après avoir désigné comme tel le "lynchage" de policiers à Bastille lors de la manifestation de la veille. Selon elle, l'emploi de ce terme devrait en effet être réservé aux lynchages de personnes noires. Loin de se rebiffer contre la tentative d'OPA langagière de la militante afroféministe, le leader écolo a au contraire battu sa coulpe, allant jusqu'à réclamer un "échange" pour choisir le lexique adéquat et non offensant. »
« Vous ne voyez pas le problème ? Amandine Gay se charge d'éclairer votre lanterne : "Voilà pourquoi la banalisation du terme 'lynchage' et son usage par les personnes blanches […] conduit non seulement à effacer l’expérience et les souffrances des personnes noires, mais aussi à inverser la réalité", annonce la militante. Notons qu'outre le terme lui-même, c'est "son usage par les personnes blanches" qui est désigné comme "problématique", pour employer un terme cher à l'orthodoxie antiraciste. »
« La démonstration s'appuie sur l'idée que des lynchages de personnes noires ont toujours lieu aux États-Unis. Fait dont Amandine Gay tire cette conclusion : "Il ne s’agit donc pas d’étendre un terme décrivant une pratique révolue. Ce terme concerne toujours spécifiquement les Noir.e.s." Outre le fait que la langue, ses extensions et ses analogies, n'aient jamais réglé leurs pas sur la marche de l'Histoire, les définitions des termes "lyncher" et de son substantif "lynchage", tout comme leur étymologie, n'expriment en rien l'idée qu'ils concerneraient "toujours spécifiquement les Noir.e.s". »
« Par ailleurs, faut-il exclure du langage courant, dans lequel ils sont passés, tous les mots se référant de près ou de loin à l'Histoire, sous prétexte qu'ils pourraient offenser quelqu'un ? Le mot "vendetta" offense-t-il les Corses ? "Razzia" offense-t-il les peuples arabes ? "Schisme" est-il une insulte aux catholiques ? Faut-il bannir les mots "synode", "balkanisation", "krach", "croisade" et autres "oukase", parce qu'ils voleraient à quiconque, victime ou pas, une part de son identité ? »
« Ces objections linguistiques n'empêchent pas Amandine Gay de poursuivre son sermon, selon lequel Julien Bayou participe "à un système de déshumanisation des Noir.e.s" et invalide "le continuum négrophobe à l’origine de l’agression de Michel" – prénom du producteur Michel Zecler, dont l'agression par des policiers a été révélée la semaine dernière par des vidéos de Loopsider. "Utiliser l’expression 'lynchage de policiers', la semaine où la vidéo d’un passage à tabac d’un homme noir par des policiers blancs vous a soi-disant ému, c’est prouver, s’il en était encore besoin, qu’il n’y aura pas de convergences des luttes de sitôt", continue la militante, pour qui "la suprématie blanche est un continuum auquel vous [Julien Bayou] appartenez". »
« Mais le meilleur reste à venir : comme évoqué plus haut, Julien Bayou [….] a en effet préféré tendre l'autre joue à Amandine Gay, au lieu de l'inviter à ouvrir un dictionnaire. Et c'est tremblant de reconnaissance et de contrition mêlées que le patron des Verts fait son mea culpa : "Merci d’avoir pris le temps d’une explication de texte argumentée. Je vous présente mes excuses, je ne souhaitais surtout pas générer cette réaction, effacer les souffrances des personnes noires et encore moins inverser l'histoire", assure-t-il sur Twitter. […] Pétrifié, semble-t-il, à l'idée d'être la cible d'une infamante accusation de racisme, le secrétaire général d'EELV souscrit complètement. » au propos de la militante afroféministe, affirmant que "le terme lynchage n’est pas adapté pour une personne blanche, a fortiori dépositaire de l’autorité publique". »
« Vous ne voyez pas le problème ? Amandine Gay se charge d'éclairer votre lanterne : "Voilà pourquoi la banalisation du terme 'lynchage' et son usage par les personnes blanches […] conduit non seulement à effacer l’expérience et les souffrances des personnes noires, mais aussi à inverser la réalité", annonce la militante. Notons qu'outre le terme lui-même, c'est "son usage par les personnes blanches" qui est désigné comme "problématique", pour employer un terme cher à l'orthodoxie antiraciste. »
« La démonstration s'appuie sur l'idée que des lynchages de personnes noires ont toujours lieu aux États-Unis. Fait dont Amandine Gay tire cette conclusion : "Il ne s’agit donc pas d’étendre un terme décrivant une pratique révolue. Ce terme concerne toujours spécifiquement les Noir.e.s." Outre le fait que la langue, ses extensions et ses analogies, n'aient jamais réglé leurs pas sur la marche de l'Histoire, les définitions des termes "lyncher" et de son substantif "lynchage", tout comme leur étymologie, n'expriment en rien l'idée qu'ils concerneraient "toujours spécifiquement les Noir.e.s". »
« Par ailleurs, faut-il exclure du langage courant, dans lequel ils sont passés, tous les mots se référant de près ou de loin à l'Histoire, sous prétexte qu'ils pourraient offenser quelqu'un ? Le mot "vendetta" offense-t-il les Corses ? "Razzia" offense-t-il les peuples arabes ? "Schisme" est-il une insulte aux catholiques ? Faut-il bannir les mots "synode", "balkanisation", "krach", "croisade" et autres "oukase", parce qu'ils voleraient à quiconque, victime ou pas, une part de son identité ? »
« Ces objections linguistiques n'empêchent pas Amandine Gay de poursuivre son sermon, selon lequel Julien Bayou participe "à un système de déshumanisation des Noir.e.s" et invalide "le continuum négrophobe à l’origine de l’agression de Michel" – prénom du producteur Michel Zecler, dont l'agression par des policiers a été révélée la semaine dernière par des vidéos de Loopsider. "Utiliser l’expression 'lynchage de policiers', la semaine où la vidéo d’un passage à tabac d’un homme noir par des policiers blancs vous a soi-disant ému, c’est prouver, s’il en était encore besoin, qu’il n’y aura pas de convergences des luttes de sitôt", continue la militante, pour qui "la suprématie blanche est un continuum auquel vous [Julien Bayou] appartenez". »
« Mais le meilleur reste à venir : comme évoqué plus haut, Julien Bayou [….] a en effet préféré tendre l'autre joue à Amandine Gay, au lieu de l'inviter à ouvrir un dictionnaire. Et c'est tremblant de reconnaissance et de contrition mêlées que le patron des Verts fait son mea culpa : "Merci d’avoir pris le temps d’une explication de texte argumentée. Je vous présente mes excuses, je ne souhaitais surtout pas générer cette réaction, effacer les souffrances des personnes noires et encore moins inverser l'histoire", assure-t-il sur Twitter. […] Pétrifié, semble-t-il, à l'idée d'être la cible d'une infamante accusation de racisme, le secrétaire général d'EELV souscrit complètement. » au propos de la militante afroféministe, affirmant que "le terme lynchage n’est pas adapté pour une personne blanche, a fortiori dépositaire de l’autorité publique". »
« Linus Torvalds, le créateur de Linux, vient d'approuver une liste de termes plus inclusifs [sic] dans le langage informatique. […] Depuis quelques semaines, la terminologie "maître / esclave", qui est couramment utilisée par les développeurs et codeurs, est remise en cause pour ses références à un système raciste d'oppression violente des personnes noires. Le patron de Git Hub, Nat Friedman, a par exemple annoncé le mois dernier que son entreprise était en train de travailler à une réévaluation des termes "maître" et "esclave". »
« Pour Linux, de nombreuses alternatives à ce vocabulaire lié à l'esclavagisme ont été proposées. […] Les termes "blacklist / whitelist" (que l'on traduit parfois en "liste noire / liste blanche" en français) ont également été revus afin de conseiller l'utilisation d'autres terminologies comme "liste de refus / liste d'acceptation" ou "liste de blocage / liste d'acceptation". Cette demande de changement a été initiée par Dan Williams le 4 juillet, et acceptée par Linus Torvalds le 10 juillet. Dans une publication, on peut lire que Linux n'interdit pas l'usage de ces mots mais demande "d'éviter de nouveaux ajouts" des terminologies "maître / esclave". »
« Dan Williams a d'ailleurs répondu aux critiques qui se demandaient si le terme de liste noire était raciste : "Alors que le terme d'esclave est directement relié à la souffrance humaine, l'étymologie de ‘liste noire' n'a pas de connexion raciale dans l'histoire. Cependant, pour comprendre le problème, il suffit de penser à la possibilité de remplacer 'liste noire' / 'liste blanche' par 'liste rouge' / 'liste verte'. Vous comprenez que ce remplacement ne vous semble cohérent uniquement parce que vous avez été sociabilisés pour comprendre que 'rouge' / 'vert' signifie 'stop' / 'avancer'. La socialisation des termes blanc et noir, qui ont une connotation d'‘admissible' / 'inadmissible', n'est pas inclusive." »
« Pour Linux, de nombreuses alternatives à ce vocabulaire lié à l'esclavagisme ont été proposées. […] Les termes "blacklist / whitelist" (que l'on traduit parfois en "liste noire / liste blanche" en français) ont également été revus afin de conseiller l'utilisation d'autres terminologies comme "liste de refus / liste d'acceptation" ou "liste de blocage / liste d'acceptation". Cette demande de changement a été initiée par Dan Williams le 4 juillet, et acceptée par Linus Torvalds le 10 juillet. Dans une publication, on peut lire que Linux n'interdit pas l'usage de ces mots mais demande "d'éviter de nouveaux ajouts" des terminologies "maître / esclave". »
« Dan Williams a d'ailleurs répondu aux critiques qui se demandaient si le terme de liste noire était raciste : "Alors que le terme d'esclave est directement relié à la souffrance humaine, l'étymologie de ‘liste noire' n'a pas de connexion raciale dans l'histoire. Cependant, pour comprendre le problème, il suffit de penser à la possibilité de remplacer 'liste noire' / 'liste blanche' par 'liste rouge' / 'liste verte'. Vous comprenez que ce remplacement ne vous semble cohérent uniquement parce que vous avez été sociabilisés pour comprendre que 'rouge' / 'vert' signifie 'stop' / 'avancer'. La socialisation des termes blanc et noir, qui ont une connotation d'‘admissible' / 'inadmissible', n'est pas inclusive." »
La "Lettre sur la justice et un débat ouvert" serait-elle accueillie avec bienveillance par la presse française ? Nous avons déjà cité Le Point, où Denis Jeambar se réjouit qu'« une vraie réponse s'organise pour appeler à un peu plus de raison, de mesure et de bon sens face à l'absolutisme moral d'un certain camp du bien ». Le ton est à peu près le même dans Challenges, où Denis Jeambar signe cet éditorial.
« À juste titre, l'écologie et la lutte pour plus de justice sont désormais des questions centrales dans nos sociétés. […] Cette position de principe ne justifie pas, en revanche, des postures de plus en plus dogmatiques qui conduisent à étouffer le débat public. Cette menace se dessine déjà chez nous mais elle a pris une telle ampleur aux Etats-Unis avec les mouvements #Me Too et Black Lives Matter qu'un collectif de 150 écrivains de renom, d'artistes célèbres et de grands journalistes viennent de publier outre-atlantique, sur le site du mensuel Harper's, une tribune pour s'inquiéter de cette dérive menaçant purement et simplement la liberté d'expression. »
« Que disent-ils? Que ce que nous appelons "le politiquement correct" est en train de devenir une censure. De fait, une atmosphère d'intolérance est bel et bien en train de s'installer qui menace les fondements même de la démocratie. "L'échange libre des informations et des idées, qui est le moteur même des sociétés libérales, écrivent ces nouveaux résistants, devient chaque jour plus limité. La censure que l'on s'attendait plutôt à voir surgir du côté de la droite radicale se répand aussi dans notre culture: intolérance à l'égard des opinions divergentes, goût pour l'humiliation publique et l'ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante. Nous défendons le principe d'un contre-discours solide et caustique de toutes parts." »
« Pierre-André Taguieff […] s'inquiéte lui aussi de la révolution qui s'annonce : "Des groupes de censeurs violents déboulonnnent ou souillent des statues, tandis que des intellectuels sectaires devenus des indignés professionnels, interviennent dans l'espace public pour légitimer ces violences, non sans dénoncer, condamner et intimider ceux qui leur résistent. Ils appellent à la censure et lancent des chasses aux sorcières habillées de nobles sentiments." »
« Nul ne peut nier les injustices, le racisme, l'antisémitisme mais, comme l'écrivent les signataires de la tribune publiée par Harper's, ''cette atmosphère étouffante va finir par nuire aux causes les plus vitales". »
« Comment […] se taire quand l'antiracisme défend une approche ethno-racialiste de l'histoire et de la culture contraire à notre conception universaliste de la citoyenneté et à notre refus du différencialisme et du communautarisme ! Comment, sur un tout autre terrain, ne pas être inquiet quand les membres de la Convention citoyenne pour le climat proposent de placer la protection de l'environnement au-dessus des libertés publiques ! »
« Comme l'écrivent les nouveaux résistants américains, "pour vaincre de mauvaises idées, il faut les exposer, argumenter et convaincre, et non pas essayer de les taire ou de les faire disparaître". »
« À juste titre, l'écologie et la lutte pour plus de justice sont désormais des questions centrales dans nos sociétés. […] Cette position de principe ne justifie pas, en revanche, des postures de plus en plus dogmatiques qui conduisent à étouffer le débat public. Cette menace se dessine déjà chez nous mais elle a pris une telle ampleur aux Etats-Unis avec les mouvements #Me Too et Black Lives Matter qu'un collectif de 150 écrivains de renom, d'artistes célèbres et de grands journalistes viennent de publier outre-atlantique, sur le site du mensuel Harper's, une tribune pour s'inquiéter de cette dérive menaçant purement et simplement la liberté d'expression. »
« Que disent-ils? Que ce que nous appelons "le politiquement correct" est en train de devenir une censure. De fait, une atmosphère d'intolérance est bel et bien en train de s'installer qui menace les fondements même de la démocratie. "L'échange libre des informations et des idées, qui est le moteur même des sociétés libérales, écrivent ces nouveaux résistants, devient chaque jour plus limité. La censure que l'on s'attendait plutôt à voir surgir du côté de la droite radicale se répand aussi dans notre culture: intolérance à l'égard des opinions divergentes, goût pour l'humiliation publique et l'ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante. Nous défendons le principe d'un contre-discours solide et caustique de toutes parts." »
« Pierre-André Taguieff […] s'inquiéte lui aussi de la révolution qui s'annonce : "Des groupes de censeurs violents déboulonnnent ou souillent des statues, tandis que des intellectuels sectaires devenus des indignés professionnels, interviennent dans l'espace public pour légitimer ces violences, non sans dénoncer, condamner et intimider ceux qui leur résistent. Ils appellent à la censure et lancent des chasses aux sorcières habillées de nobles sentiments." »
« Nul ne peut nier les injustices, le racisme, l'antisémitisme mais, comme l'écrivent les signataires de la tribune publiée par Harper's, ''cette atmosphère étouffante va finir par nuire aux causes les plus vitales". »
« Comment […] se taire quand l'antiracisme défend une approche ethno-racialiste de l'histoire et de la culture contraire à notre conception universaliste de la citoyenneté et à notre refus du différencialisme et du communautarisme ! Comment, sur un tout autre terrain, ne pas être inquiet quand les membres de la Convention citoyenne pour le climat proposent de placer la protection de l'environnement au-dessus des libertés publiques ! »
« Comme l'écrivent les nouveaux résistants américains, "pour vaincre de mauvaises idées, il faut les exposer, argumenter et convaincre, et non pas essayer de les taire ou de les faire disparaître". »
« "Notre résistance à Donald Trump ne doit pas conduire au dogmatisme ou à la coercition…" Tout est dit dans l'accroche de cette importante tribune publiée, le mardi 7 juillet, sur le site du vénérable magazine d'idées Harper's Magazine – et reproduite en intégralité par nos confrères du Monde. Intitulé "Lettre sur la justice et un débat ouvert", signé par plus de cent cinquante personnalités internationales issues du monde des arts, des lettres et de l'université, le texte appelle à une prise de conscience face aux menaces que font peser (entre autres) les réseaux sociaux contre la liberté d'expression. Particulièrement aux États-Unis, nation piégée entre les dérives inquiétantes de la présidence ultra-droitière de Trump et, en face, la radicalisation fulgurante d'un progressisme devenu fou à force d'obsessions identitaires et d'intolérance viscérale au débat contradictoire. Parmi les signataires de la missive : Margaret Atwood, Salman Rushdie, Kamel Daoud, Francis Fukuyama, Bill T. Jones, Noam Chomsky, l'autrice féministe Gloria Steinem, le trompettiste de jazz Wynton Marsalis ou encore J. K. Rowling. Objet de leur mobilisation : s'opposer à tyrannie de la contrition qui, depuis quelque temps, pousse de nombreuses personnalités à des excuses publiques pour des prises de position jugées insupportables par une partie de la "twittosphère". »
« En réaction à ce climat de susceptibilités extrêmes sur de complexes questions et qui risque, à terme, de pousser tout un chacun à l'autocensure, l'éditorialiste Thomas Chatterton Williams, contributeur du New York Times et pour Harper's Magazine, s'est donc impliqué voici un mois dans la gestation de cette lettre ouverte. […] Rédigé par une vingtaine de collaborateurs, comme l'a confié Williams au Washington Post, le texte a ensuite été envoyé à des signataires aux profils très divers. "Nous voulions que ce document reflète cette réalité que beaucoup de personnes qui ne sont pas de vieux hommes blancs partagent ces inquiétudes" a déclaré au journal ce trentenaire, par ailleurs auteur en 2019 de l'ouvrage Self-Portrait in Black and White – Unlearning race (éd. W. W. Norton & Company) et lui-même fils d'un père noir et d'une mère blanche. Que contient précisément la tribune ? Elle débute par un état des lieux alarmiste tout en affirmant sans ambiguïté son combat contre les "forces illibérales" portées par Donald Trump : "Nos institutions culturelles sont aujourd'hui à l'épreuve. Les puissantes manifestations en faveur de la justice raciale et sociale revendiquent une réforme de la police trop longtemps différée et font plus largement entendre des appels pour davantage d'égalité et d'inclusion dans notre société, notamment dans l'enseignement supérieur, le journalisme, la philanthropie et les arts. Mais cette nécessaire prise en compte a aussi renforcé tout un ensemble de postures morales et d'engagements politiques qui risquent d'affaiblir les règles du débat public et l'acceptation des différences au profit d'un conformisme idéologique. Autant nous avons salué la première phase de ce mouvement, autant nous voulons nous élever contre la seconde". »
« Le texte se poursuit : "L'inclusion démocratique que nous appelons de nos vœux ne peut advenir que si nous refusons le climat d'intolérance général qui s'est installé de part et d'autre. L'échange libre des informations et des idées, qui est le moteur même des sociétés libérales, devient chaque jour plus limité. La censure, que l'on s'attendait plutôt à voir surgir du côté de la droite radicale, se répand largement aussi dans notre culture : intolérance à l'égard des opinions divergentes, goût pour l'humiliation publique et l'ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante. Nous défendons le principe d'un contre-discours solide et même caustique de toutes parts". Évoquant "une atmosphère étouffante [qui] va finir par nuire aux causes les plus vitales de notre époque", la lettre ouverte se conclut par un ferme appel à la vigilance : "Pour vaincre de mauvaises idées, il faut les exposer, argumenter et convaincre, et non pas essayer de les taire ou espérer qu'elles disparaissent. Nous rejetons les faux choix qu'on nous présente entre la justice et la liberté : l'une n'existe pas sans l'autre. En tant qu'écrivains, notre métier repose sur la marge que la société nous accorde pour l'expérimentation, la prise de risque et même l'erreur. Nous avons besoin de préserver la possibilité d'un désaccord de bonne foi sans conséquences professionnelles désastreuses." »
« Dans les heures qui ont suivi sa publication sur le site de Harper's, ce texte n'a pas manqué à son tour de s'attirer un déluge de critiques ou remarques acerbes. […] Pour Matt Zoller Seitz, critique télé pour le New York Magazine, "Cette lettre du Harper's Magazine n'aurait jamais dû être écrite. Ses instigateurs semblent totalement inconscients du mal que certains de ses signataires ont causé", écrit-il sur Twitter, visant implicitement J. K. Rowling. En découvrant que celle-ci était leur voisine de tribune, certaines plumes ont demandé au Harper's Magazine de retirer leur nom de cette lettre ouverte, telle l'autrice transgenre Jennifer Finlay Boylan. La présence dans la liste d'une Rowling en totale disgrâce s'avère ainsi une épine majeure dans le pied de cette tribune pourtant fort pertinente au vu du contexte néomaccarthyste en cours aux États-Unis. »
« Au vu de la tempête déclenchée par la lettre du Harper's Magazine, les hostilités ne sont pas près de retomber. Mais au moins, une vraie réponse s'organise pour appeler à un peu plus de raison, de mesure et de bon sens face à l'absolutisme moral d'un certain camp du bien. »
« En réaction à ce climat de susceptibilités extrêmes sur de complexes questions et qui risque, à terme, de pousser tout un chacun à l'autocensure, l'éditorialiste Thomas Chatterton Williams, contributeur du New York Times et pour Harper's Magazine, s'est donc impliqué voici un mois dans la gestation de cette lettre ouverte. […] Rédigé par une vingtaine de collaborateurs, comme l'a confié Williams au Washington Post, le texte a ensuite été envoyé à des signataires aux profils très divers. "Nous voulions que ce document reflète cette réalité que beaucoup de personnes qui ne sont pas de vieux hommes blancs partagent ces inquiétudes" a déclaré au journal ce trentenaire, par ailleurs auteur en 2019 de l'ouvrage Self-Portrait in Black and White – Unlearning race (éd. W. W. Norton & Company) et lui-même fils d'un père noir et d'une mère blanche. Que contient précisément la tribune ? Elle débute par un état des lieux alarmiste tout en affirmant sans ambiguïté son combat contre les "forces illibérales" portées par Donald Trump : "Nos institutions culturelles sont aujourd'hui à l'épreuve. Les puissantes manifestations en faveur de la justice raciale et sociale revendiquent une réforme de la police trop longtemps différée et font plus largement entendre des appels pour davantage d'égalité et d'inclusion dans notre société, notamment dans l'enseignement supérieur, le journalisme, la philanthropie et les arts. Mais cette nécessaire prise en compte a aussi renforcé tout un ensemble de postures morales et d'engagements politiques qui risquent d'affaiblir les règles du débat public et l'acceptation des différences au profit d'un conformisme idéologique. Autant nous avons salué la première phase de ce mouvement, autant nous voulons nous élever contre la seconde". »
« Le texte se poursuit : "L'inclusion démocratique que nous appelons de nos vœux ne peut advenir que si nous refusons le climat d'intolérance général qui s'est installé de part et d'autre. L'échange libre des informations et des idées, qui est le moteur même des sociétés libérales, devient chaque jour plus limité. La censure, que l'on s'attendait plutôt à voir surgir du côté de la droite radicale, se répand largement aussi dans notre culture : intolérance à l'égard des opinions divergentes, goût pour l'humiliation publique et l'ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante. Nous défendons le principe d'un contre-discours solide et même caustique de toutes parts". Évoquant "une atmosphère étouffante [qui] va finir par nuire aux causes les plus vitales de notre époque", la lettre ouverte se conclut par un ferme appel à la vigilance : "Pour vaincre de mauvaises idées, il faut les exposer, argumenter et convaincre, et non pas essayer de les taire ou espérer qu'elles disparaissent. Nous rejetons les faux choix qu'on nous présente entre la justice et la liberté : l'une n'existe pas sans l'autre. En tant qu'écrivains, notre métier repose sur la marge que la société nous accorde pour l'expérimentation, la prise de risque et même l'erreur. Nous avons besoin de préserver la possibilité d'un désaccord de bonne foi sans conséquences professionnelles désastreuses." »
« Dans les heures qui ont suivi sa publication sur le site de Harper's, ce texte n'a pas manqué à son tour de s'attirer un déluge de critiques ou remarques acerbes. […] Pour Matt Zoller Seitz, critique télé pour le New York Magazine, "Cette lettre du Harper's Magazine n'aurait jamais dû être écrite. Ses instigateurs semblent totalement inconscients du mal que certains de ses signataires ont causé", écrit-il sur Twitter, visant implicitement J. K. Rowling. En découvrant que celle-ci était leur voisine de tribune, certaines plumes ont demandé au Harper's Magazine de retirer leur nom de cette lettre ouverte, telle l'autrice transgenre Jennifer Finlay Boylan. La présence dans la liste d'une Rowling en totale disgrâce s'avère ainsi une épine majeure dans le pied de cette tribune pourtant fort pertinente au vu du contexte néomaccarthyste en cours aux États-Unis. »
« Au vu de la tempête déclenchée par la lettre du Harper's Magazine, les hostilités ne sont pas près de retomber. Mais au moins, une vraie réponse s'organise pour appeler à un peu plus de raison, de mesure et de bon sens face à l'absolutisme moral d'un certain camp du bien. »
À lire, un article édifiant du New York Times – A Racial Awakening in France, Where Race Is a Taboo Topic – signé Norimitsu Onishi, publié le 14 juillet 2020. Morceaux choisis.
On ne naît pas noir, on le devient – « Growing up in France, Maboula Soumahoro never thought of herself as Black. […] It was only as a teenager – years after the discovery of Whitney Houston, Michael Jackson, The Cosby Show and hip-hop made her "dream of being cool like African-Americans" – that she began feeling a racial affinity with her friends, she said. "We were all children of immigrants from Guadeloupe, Martinique, Africa, and we are all a little bit unlike our parents", recalled Ms. Soumahoro, 44, an expert on race who lived in the United States for a decade. "We were French in our new way and we weren't white French. It was different in our homes, but we found one another regardless, and that's when you become Black." »
L'influence américaine – « Besides fueling heated debates over racism, the killing of George Floyd by the police in Minneapolis has underscored the emergence of a new way of thinking about race in the public discourse in France, a nation where discussion of race and religion has traditionally been muted in favor of elevating a colorblind ideal that all people share the same universal rights. That ideal […] is being challenged perhaps most vociferously by the many Black French who have gone through a racial awakening in recent decades – helped by the pop culture of the United States, its thinkers, and even its Paris-based diplomats who spotted and encouraged young Black French leaders a decade ago. »
La France raciste « à sa façon » – Even those Black French who have been inspired by the United States also consider America to be a deeply flawed and violently racist society. In France, people of different backgrounds mix far more freely, and while Black people occupy fewer high-profile positions than in the United States, like all French citizens they enjoy universal access to education, health care and other services. "When I consider both countries, I'm not saying that one country is better than the other", said Ms. Soumahoro, who has taught African-American studies at Columbia and now teaches at the Université de Tours. "For me, they're two racist societies that manage racism in their own way." »
Les voyages outre-Atlantique qui changent tout – « Pap Ndiaye – a historian who led efforts to establish Black studies as an academic discipline in France with the 2008 publication of his book La Condition Noire, or The Black Condition' – said he grew aware of his race only after studying in the United States in the 1990s. "It's an experience that all Black French go through when they go to the United States", said Mr. Ndiaye, 54, who teaches at Sciences Po. "It's the experience of a country where skin color is reflected upon and where it is not hidden behind a colorblind discourse." »
Il y a « trop d'immigrés » selon l'ancien ambassadeur de France aux États-Unis – « "Universality could work easily enough when there weren't too many immigrants or when they were white Catholics", said Gérard Araud, France's former ambassador to the United States. "But faced with Islam on one side and Black Africans on the other, this model has evidently reached its limits. And so the debate is that on one side is this universalism, which is a beautiful ideal, but on the other is how to say at the same time that, yes, it's not working." »
Rokhaya Diallo traumatisée par le Club Dorothée, puis parrainée par l'oncle Sam – Rokhaya Diallo, 42, a journalist who is also one of France's most prominent anti-racism activists, said she became aware of a shared sense of race only after she became an adult and often found herself the only Black person in an academic or professional setting. […] Like many people of her generation, she loved a children's television series called "Club Dorothée." But she could never forget an episode – a colonial trope – in which the host, a white woman, is boiled alive in a caldron by three Black men. […] Thanks to a US government program, Ms. Diallo, who founded an anti-racism organization called Les Indivisibles in 2007, visited the United States in 2010 to learn about "managing ethnic diversity in the US." »
Washington sème la pagaille à Paris – « Ms. Diallo is one of several high-profile individuals who took part in the US program, a fact that has contributed to fears, especially among French conservatives, of an "Americanization'' of French society. The US Embassy in Paris began reaching out to ethnic and racial minorities in France after the Sept. 11 attacks as part of a global push to "win hearts and minds." The embassy organized educational programs on subjects like affirmative action, a taboo concept in France, drawing nonwhite French audiences for the first time, said Randianina Peccoud, who oversaw the outreach programs and retired from the embassy last year. »
Une identité politique – « Another co-author, Rhoda Tchokokam, 29, grew up in Cameroon before immigrating to France at the age of 17. While her racial awareness emerged in France, it evolved in the United States, where she went to study for two years, watched all of Spike Lee's movies and discovered the works of Toni Morrison and Black feminists like Angela Davis and Audre Lorde. "When I started meeting Black people in France, I started broadening my outlook a little," Ms. Tchokokam said. "I still didn't think of myself as Black because that's a long process, where today I define myself as Black politically. Back then, I started becoming aware and when I arrived in the United States, it's in fact there that I was able to put it in words." »
On ne naît pas noir, on le devient – « Growing up in France, Maboula Soumahoro never thought of herself as Black. […] It was only as a teenager – years after the discovery of Whitney Houston, Michael Jackson, The Cosby Show and hip-hop made her "dream of being cool like African-Americans" – that she began feeling a racial affinity with her friends, she said. "We were all children of immigrants from Guadeloupe, Martinique, Africa, and we are all a little bit unlike our parents", recalled Ms. Soumahoro, 44, an expert on race who lived in the United States for a decade. "We were French in our new way and we weren't white French. It was different in our homes, but we found one another regardless, and that's when you become Black." »
L'influence américaine – « Besides fueling heated debates over racism, the killing of George Floyd by the police in Minneapolis has underscored the emergence of a new way of thinking about race in the public discourse in France, a nation where discussion of race and religion has traditionally been muted in favor of elevating a colorblind ideal that all people share the same universal rights. That ideal […] is being challenged perhaps most vociferously by the many Black French who have gone through a racial awakening in recent decades – helped by the pop culture of the United States, its thinkers, and even its Paris-based diplomats who spotted and encouraged young Black French leaders a decade ago. »
La France raciste « à sa façon » – Even those Black French who have been inspired by the United States also consider America to be a deeply flawed and violently racist society. In France, people of different backgrounds mix far more freely, and while Black people occupy fewer high-profile positions than in the United States, like all French citizens they enjoy universal access to education, health care and other services. "When I consider both countries, I'm not saying that one country is better than the other", said Ms. Soumahoro, who has taught African-American studies at Columbia and now teaches at the Université de Tours. "For me, they're two racist societies that manage racism in their own way." »
Les voyages outre-Atlantique qui changent tout – « Pap Ndiaye – a historian who led efforts to establish Black studies as an academic discipline in France with the 2008 publication of his book La Condition Noire, or The Black Condition' – said he grew aware of his race only after studying in the United States in the 1990s. "It's an experience that all Black French go through when they go to the United States", said Mr. Ndiaye, 54, who teaches at Sciences Po. "It's the experience of a country where skin color is reflected upon and where it is not hidden behind a colorblind discourse." »
Il y a « trop d'immigrés » selon l'ancien ambassadeur de France aux États-Unis – « "Universality could work easily enough when there weren't too many immigrants or when they were white Catholics", said Gérard Araud, France's former ambassador to the United States. "But faced with Islam on one side and Black Africans on the other, this model has evidently reached its limits. And so the debate is that on one side is this universalism, which is a beautiful ideal, but on the other is how to say at the same time that, yes, it's not working." »
Rokhaya Diallo traumatisée par le Club Dorothée, puis parrainée par l'oncle Sam – Rokhaya Diallo, 42, a journalist who is also one of France's most prominent anti-racism activists, said she became aware of a shared sense of race only after she became an adult and often found herself the only Black person in an academic or professional setting. […] Like many people of her generation, she loved a children's television series called "Club Dorothée." But she could never forget an episode – a colonial trope – in which the host, a white woman, is boiled alive in a caldron by three Black men. […] Thanks to a US government program, Ms. Diallo, who founded an anti-racism organization called Les Indivisibles in 2007, visited the United States in 2010 to learn about "managing ethnic diversity in the US." »
Washington sème la pagaille à Paris – « Ms. Diallo is one of several high-profile individuals who took part in the US program, a fact that has contributed to fears, especially among French conservatives, of an "Americanization'' of French society. The US Embassy in Paris began reaching out to ethnic and racial minorities in France after the Sept. 11 attacks as part of a global push to "win hearts and minds." The embassy organized educational programs on subjects like affirmative action, a taboo concept in France, drawing nonwhite French audiences for the first time, said Randianina Peccoud, who oversaw the outreach programs and retired from the embassy last year. »
Une identité politique – « Another co-author, Rhoda Tchokokam, 29, grew up in Cameroon before immigrating to France at the age of 17. While her racial awareness emerged in France, it evolved in the United States, where she went to study for two years, watched all of Spike Lee's movies and discovered the works of Toni Morrison and Black feminists like Angela Davis and Audre Lorde. "When I started meeting Black people in France, I started broadening my outlook a little," Ms. Tchokokam said. "I still didn't think of myself as Black because that's a long process, where today I define myself as Black politically. Back then, I started becoming aware and when I arrived in the United States, it's in fact there that I was able to put it in words." »
« La très politiquement correcte Association nord-américaine des joueurs de Scrabble va […] bannir de sa liste deux cent vingt-cinq mots. Les pires d'entre eux […], ce sont tous ceux dérivés de negro, comme nigger ou nigga, pudiquement remplacés là-bas par N-word en cas de besoin pressant. […] Et pour une fois, la France n'a pas attendu pour se mettre au diapason des USA : selon Le Monde, négro ou chinetoque ont déjà été supprimés dans la huitième édition de L'Officiel du Scrabble (ODS) publiée par Larousse en juin 2020, alors que salope, ritale ou enculé y figurent encore, de même bien sûr que gaulois. Gouine serait valable en tant que mot aujourd'hui "familier", alors qu'il était classé comme "insultant" au XIXe. »
Voici un « tour d'horizon non exhaustif des réponses des sociétés à la pression de la rue et des réseaux contre le racisme systémique « (sic). À noter : même « le Japonais SoftBank Group va créer un fonds de 100 millions de dollars pour les startups fondées par des entrepreneurs noirs ».
« L'opportunisme n'est […] pas absent de ce retrait. Plusieurs annonceurs avaient déjà décidé de réduire leurs budgets suite à la crise économique déclenchée par le Covid-19 et font passer cette décision pour un choix moral. Unilever (Dove, Lipton…) avait ainsi annoncé dès le 26 avril qu'il réduirait ses campagnes de publicité. Les annonceurs utilisent également ce moyen de pression dans l'espoir d'obtenir des concessions de Facebook sur des points d'achoppement débattus depuis des années, du contrôle du placement des publicités à la transparence sur la mesure de leur efficacité. […] Les annonceurs veulent surtout des outils leur permettant de vérifier eux-mêmes où leurs publicités "atterrissent" dans Facebook. Pour le réseau social, un tel système serait toutefois contraire à la protection des données personnelles. »
« Si la quasi-totalité des revenus de Facebook sont issus de la publicité, les grosses entreprises ne représentent qu'une infime portion des 8 millions d'annonceurs présents sur la plateforme. Selon le cabinet Pathmatics, les 100 plus gros annonceurs ont généré seulement 6 % des 70 milliards de revenus de Facebook en 2019. Les PME, ses principaux clients, sont peu susceptibles de boycotter Facebook, leur succès étant intimement lié à leur présence sur le réseau social. »
À noter : « si la majorité des annonceurs limite le boycott à Facebook, d'autres, comme Starbucks, Lego, Unilever et Mars, l'étendent à tous les réseaux sociaux » ; par ailleurs, « côté français, Pernod-Ricard participe au boycott jusqu'au 31 juillet ».
« Si la quasi-totalité des revenus de Facebook sont issus de la publicité, les grosses entreprises ne représentent qu'une infime portion des 8 millions d'annonceurs présents sur la plateforme. Selon le cabinet Pathmatics, les 100 plus gros annonceurs ont généré seulement 6 % des 70 milliards de revenus de Facebook en 2019. Les PME, ses principaux clients, sont peu susceptibles de boycotter Facebook, leur succès étant intimement lié à leur présence sur le réseau social. »
À noter : « si la majorité des annonceurs limite le boycott à Facebook, d'autres, comme Starbucks, Lego, Unilever et Mars, l'étendent à tous les réseaux sociaux » ; par ailleurs, « côté français, Pernod-Ricard participe au boycott jusqu'au 31 juillet ».
« Une jeune femme avait présenté sa candidature suite à une offre d'emploi d'ingénieur-chercheur en mécanique des fluides, proposée par une grande entreprise française. Mécontente de voir sa candidature rejetée et convaincue que les causes en étaient son origine étrangère et son nom de famille, cette personne a saisi les juridictions pour obtenir son intégration au sein de la société et le versement de 100 000 euros au titre du préjudice moral et des dommages et intérêts correspondant aux salaires dus en cas d'embauche. Déboutée par la cour d'appel de Paris, elle se pourvoit en cassation. Et soutient, notamment, que certaines exigences de diplôme et d'expérience professionnelle n'avaient jamais été formulées dans l'offre initiale mais qu'elles avaient été ajoutées suite à ses interrogations quant aux raisons du rejet de sa candidature. »
« La Cour relève d'abord que le Code du travail n'exige pas que les éléments justificatifs invoqués par l'employeur soient portés à la connaissance du candidat avant d'avoir arrêté son choix. Elle confirme la décision de la cour d'appel qui avait jugé que la candidate ne justifiait en réalité d'aucun diplôme ou expérience en recherche appliquée exigés par l'employeur et que cela constituait un élément objectif étranger à toute discrimination. »
« La Cour relève d'abord que le Code du travail n'exige pas que les éléments justificatifs invoqués par l'employeur soient portés à la connaissance du candidat avant d'avoir arrêté son choix. Elle confirme la décision de la cour d'appel qui avait jugé que la candidate ne justifiait en réalité d'aucun diplôme ou expérience en recherche appliquée exigés par l'employeur et que cela constituait un élément objectif étranger à toute discrimination. »
Le Conseil d'analyse économique (CAE) a tiré une nouvelle idée de son chapeau : la création d'un indice "Diversité et Inclusion" ; « sur la base du volontariat », explique L'Usine nouvelle, les employeurs pourraient proposer à leurs salariés de répondre de manière anonyme à un questionnaire en ligne standard » ; « trois grandes catégories de questions leur seraient posées : sur leur "ressenti d'appartenance", afin qu'ils puissent eux-mêmes définir leur identité ou leur origine, ce qu'un employeur ne pourrait pas faire ; sur leur parcours dans l'entreprise, afin de pouvoir le comparer à ceux des autres salariés du même secteur ou du même bassin d'emploi ; sur leur ressenti en matière de discriminations, comme le fait déjà un Eurobaromètre européen ». C'est donc sur la base d'un « ressenti » que les entreprises seraient évaluées, et non au regard des faits ; cela promet.
« Disney va modifier les attractions Splash Mountain de ses parcs américains. […] Le thème actuel de "Splash Mountain" est tiré d'un film Disney très controversé, Mélodie du Sud. Dès sa sortie en 1946, il avait suscité de nombreuses critiques qui lui reprochaient de diffuser des clichés racistes et de peindre sous un jour idyllique les plantations esclavagistes du vieux Sud des États-Unis. Pour ces raisons, le film n'est plus diffusé au cinéma depuis les années 1980 et n'a jamais fait l'objet de sortie en DVD. Mélodie du Sud a également été délibérément tenu à l'écart du catalogue de la plateforme de vidéo à la demande Disney +. »
« On ne peut en vouloir aux Français d'aujourd'hui des crimes de saint Louis, de Bugeaud, ou de Laval. Ni des crimes du commerce triangulaire, ni de ceux de la colonisation ni de ceux de la collaboration avec les Nazis. Ni même condamner ceux qui, dans le passé, ont commis légalement des actes qui seraient aujourd'hui considérés, légalement ou moralement, comme des crimes : on ne peut en vouloir à Colbert, ou à Jules Ferry, d'avoir agi conformément à la loi et à la morale de leur temps ; sinon, il faudrait aussi considérer comme des meurtriers tous les présidents de la République française, jusqu'à Valéry Giscard d'Estaing inclus, qui ont envoyé à l'échafaud des condamnés, en refusant d'exercer leur droit de grâce. »
« Par contre, on doit exiger de nos contemporains de faire disparaître les traces de tous ceux qui ont agi en violation des lois ou de la morale de leur temps. Par exemple, il ne devrait pas y avoir une avenue Bugeaud à Paris ; ni de rue Brasillach, ni d'avenue Céline à moins de remettre ces auteurs dans un contexte explicatif, distinguant l'homme, ignoble, de l'œuvre littéraire, très partiellement grandiose. »
« Enfin, après la dictature des racistes, il ne faut pas tomber dans une autre ségrégation qui, au nom de l'antiracisme, ne ferait qu'exacerber des différences imaginaires à l'intérieur de la seule race qui soit : la race humaine. »
« Par contre, on doit exiger de nos contemporains de faire disparaître les traces de tous ceux qui ont agi en violation des lois ou de la morale de leur temps. Par exemple, il ne devrait pas y avoir une avenue Bugeaud à Paris ; ni de rue Brasillach, ni d'avenue Céline à moins de remettre ces auteurs dans un contexte explicatif, distinguant l'homme, ignoble, de l'œuvre littéraire, très partiellement grandiose. »
« Enfin, après la dictature des racistes, il ne faut pas tomber dans une autre ségrégation qui, au nom de l'antiracisme, ne ferait qu'exacerber des différences imaginaires à l'intérieur de la seule race qui soit : la race humaine. »
« La bataille se déroule aussi en France, où les droits du roman de Margaret Mitchell sont entrés dans le domaine public au début de l'année. Spécialiste de la littérature américaine, le petit éditeur Gallmeister, en prévision, avait travaillé à une nouvelle traduction. Ainsi, la phrase citée plus haut devenait : "C'est la nurse de vot'enfant ? Ma'ame Scarlett, l'est trop jeune pour s'occuper du seul bébé de m'sieur Charles !" »
« Ce n'est pas seulement, comme titre Le Figaro, un "coup de jeune". C'est aussi une re-traduction marquée par le souci antiraciste, même si cette révolution reste inachevée. Le "r", banni par la traduction originelle "ptit nèg" de Pierre François Caillé en 1939, n'est pas totalement réhabilité. Il manque toujours à l'appel dans "vot'enfant". Mais ce métaplasme (il me semble que cette suppression s'appelle ainsi, vous me corrigerez) peut ici passer pour du simple langage parlé populaire. La traduction est un art passionnant, mais difficile (voir notre émission). »
« Détenteur des droits de Autant en emporte le vent jusqu'au début 2020, Gallimard aurait pu aussi anticiper, en se colletant à une nouvelle traduction moins tintinesque, voire tout simplement laisser faire Gallmeister. Mais non. Le prestigieux éditeur des pamphlets antisémites de Céline et de Gabriel Matzneff a choisi de publier en Folio une simple réédition de sa traduction originelle, le même jour que la sortie du volume de Gallmeister, en se prémunissant des critiques par l'exhumation d'une lettre de Mitchell au traducteur Caillé : "Je crois que votre traduction est la seule traduction étrangère de mon livre dans laquelle les personnages nègres parlent en dialecte." »
« Ce n'est pas seulement, comme titre Le Figaro, un "coup de jeune". C'est aussi une re-traduction marquée par le souci antiraciste, même si cette révolution reste inachevée. Le "r", banni par la traduction originelle "ptit nèg" de Pierre François Caillé en 1939, n'est pas totalement réhabilité. Il manque toujours à l'appel dans "vot'enfant". Mais ce métaplasme (il me semble que cette suppression s'appelle ainsi, vous me corrigerez) peut ici passer pour du simple langage parlé populaire. La traduction est un art passionnant, mais difficile (voir notre émission). »
« Détenteur des droits de Autant en emporte le vent jusqu'au début 2020, Gallimard aurait pu aussi anticiper, en se colletant à une nouvelle traduction moins tintinesque, voire tout simplement laisser faire Gallmeister. Mais non. Le prestigieux éditeur des pamphlets antisémites de Céline et de Gabriel Matzneff a choisi de publier en Folio une simple réédition de sa traduction originelle, le même jour que la sortie du volume de Gallmeister, en se prémunissant des critiques par l'exhumation d'une lettre de Mitchell au traducteur Caillé : "Je crois que votre traduction est la seule traduction étrangère de mon livre dans laquelle les personnages nègres parlent en dialecte." »
« Les Américains pourraient être excusés de ne pas savoir que le Black Lives Matter est une organisation politique dont le programme n'est pas moins complet que celui de la refonte du système mondial. Les médias n'ont pas fait état de ses objectifs – du moins, pas dans le contexte des récentes émeutes. Dans l'imagination du public, Black Lives Matter n'est rien d'autre qu'un carré noir omniprésent sur les plateformes des médias sociaux. »
« Cependant, ils ne se rendent pas compte que "Black Lives Matter" n'est pas seulement un slogan ou un graphique à mettre en ligne. Il s'agit d'un groupe de pression radical qui adopte une série de positions extrémistes et controversées. Ceux qui défilent sous sa bannière se mettent involontairement en position d'être identifiés par les militants du Black Lives Matter comme adhérant à ces croyances. »
« Les militants du Black Lives Matter n'ont pas caché leurs opinions. "Quand nous avons lancé Black Lives Matter, il ne s'agissait pas seulement de brutalité policière et d'exécutions extrajudiciaires", a avoué au New Yorker l'une des trois cofondatrices du Black Lives Matter, Opal Tometi. La question n'était qu'un "point d'ignition" pour commencer à "demander le défraiement de la police, un moratoire sur les loyers, un moratoire sur les hypothèques et les services publics" et à émettre des "demandes" relatives "au logement et aux systèmes d'éducation et de soins de santé". »
« Black Lives Matter […] s'attelle ensuite à la destruction de la famille traditionnelle : "Nous bouleversons l'exigence de structure familiale nucléaire prescrite par l'Occident en nous soutenant mutuellement en tant que familles élargies et "villages" qui s'occupent collectivement les uns des autres, en particulier de nos enfants, dans la mesure où les mères, les parents et les enfants sont à l'aise." »
« "Les systèmes interconnectés de la suprématie blanche, de l'impérialisme, du capitalisme et du patriarcat façonnent la violence à laquelle nous sommes confrontés", affirme la plateforme Movement for Black Lives-Black Lives Matter. »
« Movement for Black Lives/Black Lives Matter légaliserait la prostitution et la "possession et la vente de toutes les drogues, quelle qu'en soit la quantité". Les prisonniers condamnés pour ces crimes seraient libérés et leur dossier serait effacé rétroactivement. Mais ce n'est pas suffisant pour Black Lives Matter. Toutes les économies du gouvernement "doivent être investies dans des réparations pour toutes les personnes qui ont été affectées par la guerre contre la drogue et l'application des lois sur la prostitution". Le gouvernement "doit également veiller à ce que les personnes criminalisées par la "guerre contre la drogue" puissent participer aux marchés légaux de la drogue où la décriminalisation a déjà eu lieu". »
« Cependant, ils ne se rendent pas compte que "Black Lives Matter" n'est pas seulement un slogan ou un graphique à mettre en ligne. Il s'agit d'un groupe de pression radical qui adopte une série de positions extrémistes et controversées. Ceux qui défilent sous sa bannière se mettent involontairement en position d'être identifiés par les militants du Black Lives Matter comme adhérant à ces croyances. »
« Les militants du Black Lives Matter n'ont pas caché leurs opinions. "Quand nous avons lancé Black Lives Matter, il ne s'agissait pas seulement de brutalité policière et d'exécutions extrajudiciaires", a avoué au New Yorker l'une des trois cofondatrices du Black Lives Matter, Opal Tometi. La question n'était qu'un "point d'ignition" pour commencer à "demander le défraiement de la police, un moratoire sur les loyers, un moratoire sur les hypothèques et les services publics" et à émettre des "demandes" relatives "au logement et aux systèmes d'éducation et de soins de santé". »
« Black Lives Matter […] s'attelle ensuite à la destruction de la famille traditionnelle : "Nous bouleversons l'exigence de structure familiale nucléaire prescrite par l'Occident en nous soutenant mutuellement en tant que familles élargies et "villages" qui s'occupent collectivement les uns des autres, en particulier de nos enfants, dans la mesure où les mères, les parents et les enfants sont à l'aise." »
« "Les systèmes interconnectés de la suprématie blanche, de l'impérialisme, du capitalisme et du patriarcat façonnent la violence à laquelle nous sommes confrontés", affirme la plateforme Movement for Black Lives-Black Lives Matter. »
« Movement for Black Lives/Black Lives Matter légaliserait la prostitution et la "possession et la vente de toutes les drogues, quelle qu'en soit la quantité". Les prisonniers condamnés pour ces crimes seraient libérés et leur dossier serait effacé rétroactivement. Mais ce n'est pas suffisant pour Black Lives Matter. Toutes les économies du gouvernement "doivent être investies dans des réparations pour toutes les personnes qui ont été affectées par la guerre contre la drogue et l'application des lois sur la prostitution". Le gouvernement "doit également veiller à ce que les personnes criminalisées par la "guerre contre la drogue" puissent participer aux marchés légaux de la drogue où la décriminalisation a déjà eu lieu". »
Le site évoque des statues « destinées à célébrer ceux qui ont joué un rôle, de près ou de loin, dans la longue histoire du colonialisme et de l'esclavage ». Mais dans quels cas des monuments ont-ils été édifiés puis entretenus dans ce but ? On admire Colbert pour avoir été un grand serviteur de l'État, Jules Ferry pour avoir jeté les bases de l'École républicaine, etc. Prétendre que les statues à leur effigie étaient « destinées » à célébrer « la longue histoire du colonialisme et de l'esclavage », c'est réécrire l'histoire. Mais peut-être Daniel Schneidermann expliquera-t-il à nouveau qu'il a « factuellement tort et politiquement raison », comme il l'a dit à pour Virginie Despentes.